four solaire

Four solaire et alternatives de cuisson low tech

L’énergie est devenue un thème omniprésent: économies d’énergies, efficacité énergétique, énergies renouvelables… tout est bon pour préserver les ressources tout en conservant notre confort.
Si on parle souvent de high tech pour notre approvisionnement (photovoltaïque, hydrogène, etc), on oublie souvent le low tech pour économiser l’énergie. Découvrez le four solaire et trois autres inventions durables.


Le four solaire

Le soleil est la première source d’énergie sur Terre. Sans soleil, pas de vent (donc pas d’éolienne), pas de photosynthèse (donc pas de biomasse), pas d’évaporation (donc pas d’énergie hydraulique), pas de vie (donc pas de pétrole) et bien sûr pas d’énergie solaire. Quoi de mieux, donc, que d’utiliser directement le soleil pour chauffer?

Fabriquer un four solaire

Le principe est simplissime: un four solaire, c’est une caisse en bois, peinte en noir à l’intérieur pour transformer le rayonnement solaire en chaleur, et une vitre pour créer un effet de serre. On peut le perfectionner en isolant la caisse, en utilisant un double vitrage et/ou en utilisant des réflecteurs. Ensuite, le rayonnement solaire peut faire son travail.

Comment cuire au soleil?

On place la casserole dans le four, si possible avec un couvercle en verre, autant pour surveiller la cuisson que pour créer un double effet de serre. Si le four est bien orienté face au soleil, la température monte rapidement à 100°C. Grâce à cette cuisson basse température, les vitamines sont préservées, et il n’y a pas de risque de cramer votre plat. Vous pouvez donc laisser mijoter en toute tranquillité. On peut y cuisiner des soupes, des risottos, de la viande à mijoter, et tout ce qui se prête à une cuisson lente. Quel plaisir de voir son plat bouillonner au soleil! Prévoyez de cuisiner à l’avance pour laisser cuire au moins 2 à 3h. Vous pouvez vérifier l’orientation et l’inclinaison du four à l’aide d’une équerre. Attention, le soleil tourne!


Le déshydrateur solaire

Sur le même principe, on peut fabriquer un dessicateur solaire (ou séchoir solaire) pour déshydrater fruits, légumes, champignons, herbes, etc. J’ai fabriqué le mien avec une caisse à vin en bois, une vitre, un morceau de tôle, et quelques bouts de grillage fin, le tout de récup’, of course. L’idée est de faire entrer de l’air frais qui va se réchauffer dans la partie basse, puis monter, emporter l’humidité des fruits et sortir par le haut. Le mouvement d’air se fait naturellement, pour autant qu’il y ait une prise d’air frais en bas, une évacuation d’air chaud en haut, et un moyen de chauffer l’air à l’intérieur (peinture noire + vitre). Le séchage est assez long, mais quel plaisir de déguster ses chips de pomme maison!


La marmite norvégienne

Pourquoi chauffe-t-on les casseroles? A faire monter la température, bien sûr. Mais une fois la température souhaitée atteinte, chauffer ne sert plus qu’à compenser les déperditions de la casserole. La marmite norvégienne permet justement de conserver la chaleur de la casserole en l’isolant par l’extérieur. Conséquence: plus besoin de chauffer. Portez à ébullition et enfermez la casserole. La chaleur emprisonnée suffira à faire cuire votre préparation, sans risque de surchauffe. J’ai fabriqué ma marmite norvégienne avec une caisse à vin en bois et quelques chutes d’isolant en laine de mouton qu’une amie m’a donné. Je l’utilise pour des cuissons lentes, ou pour faire des yogourts maison (voir la recette). Dans ce cas, la marmite permet de prolonger la durée d’incubation qui doit se faire plusieurs heures entre 42 et 46°C.


Le cocon

Vous savez certainement qu’un couvercle sur une casserole qui chauffe économise 40 à 50% d’énergie. Mais le reste des déperditions se font essentiellement par les parois de la casserole. Une solution est donc de l’isoler avec une ceinture isolante. J’en ai fabriqué une à l’aide de restes d’isolant en laine de mouton. En principe, la laine est peu inflammable, mais faites attention à ce que l’isolant ne soit pas trop en contact avec la source de chaleur et ne l’utilisez pas avec des chauffages à flamme (gaz). Avec cette simple bande de laine, il est possible de cuire sur 2 ce que vous cuisiez sur 5 auparavant. Pour éviter que le contenu déborde, surveillez les premières fois, car vous seriez surpris.e de son efficacité.

Cocon pour une cuisson low tech

Peut-on toujours cuire au soleil?

Evidemment, ces méthodes de cuisson low tech ne sont qu’un appoint aux sources de cuisson classiques, mais elles sont étonnantes d’efficacité. Quel plaisir de cuire au soleil et d’économiser de l’énergie, aujourd’hui si précieuse. C’est également un excellent moyen de revenir aux cuissons lentes à basse température et de se rapprocher du slow food, ce mouvement destiné à redonner à l’alimentation une place centrale dans nos vies.

Liens

  • Recettes de cuisine solaire et explications sur les fours solaires: PDF à télécharger
  • Cfaitmaison: autres recettes de cuisine solaire
  • Association Du Soleil Dans Nos Assiettes: appareils de cuisson à énergies renouvelables, stérilisation des aliments, recettes à faible impact environnemental
  • Association Oxalis: écocentre et réseau d’éco- et auto-constructeurs en Savoie.

Changer de banque pour la planète!

L’argent, c’est le nerf de la guerre. Mine de rien, nous passons l’essentiel de notre temps à chercher à en gagner (et à le dépenser). Mais que font les banques avec notre argent? Le choix d’une banque est-il si anodin? Peut-on changer de banque facilement?

Pourquoi changer de banque ?

Suivant votre banque et votre produit bancaire, votre épargne est utilisée pour octroyer des prêts (particuliers, entreprises, Etat…) ou pour faire de la spéculation sur les marchés boursiers. En plaçant votre argent dans une banque, vous lui laissez ainsi carte blanche pour l’utiliser. Et votre empreinte carbone est directement proportionnelle à votre épargne.

Mais plutôt que de cacher vos billets sous le matelas, il existe d’autres solutions :
– placer votre argent sur des produits d’épargne durables
– investir pour des projets durables (crowdfunding, investissements, dons)
– rénover votre maison (isolation, chauffage renouvelable)
– ou encore mieux : déplacer votre argent dans une banque responsable.

Comment changer de banque?

Changer de banque est rapide, simple et gratuit. Prenez RDV avec votre nouveau banquier et il s’occupera de tout. Les tarifs sont généralement similaires d’une banque à l’autre, et toutes proposent les moyens de paiement standards (banque en ligne, CB, etc.). Pas besoin de tergiverser, agissez maintenant!

Changer de banque en France

Selon l’ONG Les Amis de la Terre, les pires banques françaises sont la BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale. Elles financent entre autres l’armement, l’énergie fossile et nucléaire, les agrocarburants, les grands barrages controversés, les mines, etc. et sont présentes dans de nombreux paradis fiscaux.

La Nef: une banque responsable

D’après l’étude des Amis de la Terre, l’établissement financier le plus « propre » est la Nef. Cette banque éthique et solidaire s’engage sur plusieurs points :

La Nef - banque alternative

– aucun placement en bourse
– aucune implantation dans les paradis fiscaux
– les prêts ne se font que pour des projets sociaux, environnementaux ou culturels
– pas de commissions, de bonus ou de stock-options
– une transparence totale avec la publication des prêts professionnels qu’elle octroie.

La Nef n’a pas encore de guichets, mais propose des livret d’épargne en ligne à condition d’être sociétaire (c’est-à-dire acheter 3 parts de 30€). En attendant qu’elle propose ses propres moyens de paiement, vous pouvez ouvrir un compte courant Nef au Crédit Coopératif, qui joue le rôle d’intermédiaire dans la période transitoire.

Changer de banque en Suisse

En Suisse, les pires banques sont UBS et Crédit Suisse. Quittez de toute urgence ces banques spéculatives au profit des banques cantonales, de la Raiffeisen ou encore mieux de la Banque Alternative Suisse.

La Banque Alternative Suisse (BAS)

La BAS mise sur la transparence dans les crédits accordés, elle ne finance pas les énergies fossiles et donne la priorité à ses valeurs éthiques.

Changer pour la banque alternative suisse BAS

L’épargne collectée est investie à long terme dans des projets et entreprises sociaux et écologiques. C’est la seule banque éthique en Suisse, et elle a connu un vrai boom après les grèves du climat en 2019. Faites partie du changement et donner meilleure conscience à votre épargne!

Mon avis sur la BAS

Pour y être passé en 2018, je ne peux que recommander cette banque. Les moyens de paiement, la banque en ligne, le conseil, sont les mêmes qu’ailleurs. Si les intérêts sont négatifs, cela représente un coût d’à peine quelques francs par an. De toute façon, les autres banques n’ont pas beaucoup mieux à offrir. N’attendez plus pour passer à la Banque alternative, ouvrez un compte sur le guichet en ligne de la BAS.

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zero waste lifestyle

Les dérives du business zéro déchet

L’écologie est la nouvelle tendance, et qui dit mode dit business. Plutôt que de chercher à réduire notre consommation pour préserver notre petite planète, le business zéro déchet a trouvé des alternatives soit-disant vertes à tous nos besoins. L’important est de continuer à vendre tout et n’importe quoi.

1. La gourde en inox

L’alternative aux bouteilles en plastique (qui diffusent des molécules toxiques dans la boisson), c’est d’avoir des matériaux stables et inertes. Alors vendons des gourdes en verre et en inox, avec un petit emballage en carton recyclé, un logo vert et un argumentaire écolo pour justifier le prix exorbitant. Ça se vend comme des petits pains. Ce n’est pas comme si les bouteilles en verre n’existait pas. On en achète assez souvent pour en trouver une pratique à réutiliser. Personnellement, j’ai une bouteille de jus de fruit Biotta depuis 2 ans, je la lave régulièrement, et j’ai remplacé le bouchon alu par un bouchon de Rivella en plastique qui ne s’oxyde pas (« bouuuh, le plastique c’est mal »).

gourde inox: zéro déchet?
brosse à dent bambou: zéro déchet?

2. La brosse à dent en bambou

Oh my God, c’est tellement green! Les brosses en bambou sont certes biodégradables, mais les poils sont souvent en nylon. Donc non biodégradable. A la fin, qui fait vraiment l’effort de casser la brosse à dent pour jeter le bois au compost et le reste à la poubelle?
Enfin, leur durée de vie est plus courte.

Personnellement, j’ai la même brosse à dent en plastique (« re-bouuuh ») depuis 2 ans. Elle n’est pas usée et je refuse de me plier au lobby bucco-dentaire qui préconise d’acheter (et jeter) 4 brosses par an. D’après mon expérience (ma femme et ma fille en ont eu), les brosses à dent ont duré à peine 2-3 mois avant que les poils se plient et puis ciao. Donc autant garder sa brosse en plastique et en prendre soin.

Enfin, même en faisant du « zéro déchet », ma famille de 3 produit 40kg d’ordures ménagères par an. Ma brosse à dent pèse 10 grammes. Même en la changeant tous les ans, cela représenterait 0.1% de mes déchets. Il y a d’autres leviers plus efficaces pour réduire ses déchets, croyez-moi!

3. Les cosmétiques sans cochonneries

Vive le shampooing sans paraben pour prendre soin de mon corps. Vraiment? Côté face de l’étiquette et en gros caractère, tout ce qu’il n’y a pas: « sans paraben, sans colorant… ». Côté pile et en tout petit, ce qu’il y a vraiment dedans, car c’est la loi. Mais l’étiquette est l’arbre qui cache la forêt, une combine pour continuer à vendre des cochonneries dont on peut se passer en simplifiant.

Gel douche, shampooing, savon liquide, produit vaisselle: tous contiennent de l’eau comme ingrédient principal. Qui dit eau, dit potentiel nid à bactéries, dit besoin de conservateurs et de biocides pour empêcher ces cochonneries de se développer dans le flacon, et dit aussi pollution des eaux et intoxication de notre peau.

Ma solution: se laver le corps à l’eau (sans savon, ou en tout cas beaucoup moins souvent) permet de préserver notre film hydrolipidique et l’équilibre de notre peau. Et on ne pue pas plus, promis! Pour les cheveux aussi, essayez la méthode no poo (pas encore testé).

tote bag: zéro déchet?

4. Les sacs en tissu et tote bags

« Mais il a toujours un truc à redire, celui-là! » 😉 Pas que je sois contre les sacs en tissu et tote bags, mais ayons juste en tête que l’énergie grise d’un sac (c’est-à-dire l’énergie nécessaire à sa fabrication) est plusieurs centaines de fois supérieure à celle d’un sac en papier. S’il vous arrive d’utiliser des sacs en papier, il est aussi possible de les réutiliser plusieurs fois.Des alternatives: utilisez des chutes de tissu pour fabriquer vos propres sacs. Ou encore faites vos courses en vrac avec des tupps.

5. Les pailles réutilisables

Voilà un sujet populaire. L’interdiction des pailles en plastique est une bonne chose. Mais est-ce plus écologique d’en acheter en carton ou en inox? Je ne crois pas. Avant d’acheter une paille en inox avec l’écouvillon et l’énergie grise qui va avec, posons-nous la question: ai-je besoin d’une paille? Non? Alors on la laisse en rayon et on se simplifie la vie.

Les pailles inox: zéro déchet?

tasse carton

6. Les trucs compostables

Si c’est à usage unique, c’est-à-dire jetable, ce n’est pas durable, par définition. Serviette compostable: est-ce vraiment indispensable? Gobelet en carton compostable: pareil. Dans le gobelet en plastique, le problème n’est pas le plastique, c’est le concept de gobelet qu’on peut souvent remplacer par un verre lavable, une tasse, etc.

7. Le bee wrap

C’est un DIY (abréviation de do it yourself, soit quelque chose qu’on fabrique soi-même) incontournable pour quiconque passe au zéro déchet. Constitué de tissu en coton et de cire d’abeille, il offre une alternative intéressante au film alimentaire en plastique. Si le tissu peut être une simple chute de récup’, la cire d’abeille n’est pas si abondante que ça.

bee wrap

Utiliser un bee wrap est donc intéressant si on l’utilise des dizaines ou des centaines de fois. Mais comme ça peut moisir assez vite, autant avoir un film ou un sachet en plastique (type sac de congélation) qu’on peut laver plus facilement. Le plastique a aussi des avantages qu’il serait dommage de nier. Et bien sûr, plus on les réutilise souvent, plus on diminue l’impact par utilisation.

Conclusion

J’ai peut-être la critique facile contre tous ces trucs wanna be écolo, mais principalement car on oublie de considérer l’impact qu’ils nécessitent pour leur fabrication, leur transport, leur emballage, leur stockage, etc. Le principe est toujours le même: refuser ce dont on n’a pas besoin, et faire durer ce qu’on possède le plus longtemps possible, en prenant soin, en réparant, et en réutilisant à l’infini.


Ce qu’enseigne l’escalade

La vie nous confronte à des épreuves et des difficultés que l’on doit affronter, et ce quelque soit notre âge. Beaucoup d’analogies peuvent être faites avec l’escalade dans la manière de les envisager et de les dépasser.

comment affronter épreuves

Le premier pas

Être au pied du mur fait peur. C’est inconfortable. On se dit qu’on n’y arrivera jamais, que c’est trop haut et trop dur pour nous. Poussé par curiosité, par obligation ou par l’entourage, on commence à envisager la possibilité de s’y attaquer. Après tout, si d’autres l’ont fait, pourquoi pas nous? Puis il y a un équipement de sécurité, des garde-fous qui nous maintiennent en vie en cas d’accident. Ça n’empêche pas de se faire mal, mais d’éviter le pire. On prend ensuite son courage à deux mains pour s’attaquer à la paroi. On a beau observer la paroi pendant des heures, faire le parcours en détail dans sa tête, la réalité est toujours différente. Cela me fait penser à une citation: « Si tu veux faire rire Dieu, parle-lui de tes projets ». On peut décider d’un changement de trajectoire en cours de route, suivre des conseils, sentir que la meilleure solution est ailleurs. Dans tous les cas, il n’y a pas d’autre choix que de commencer par la première prise, puis la deuxième, etc.

Moment présent

affronter épreuves

La suite est une sorte de méditation. Il faut rester concentré sur l’instant présent, sur le contact de ses mains et de son corps avec le roc. Le regard n’est pas constamment sur le sommet, mais sur la prochaine prise.

Le sommet, plutôt qu’un objectif à atteindre à tout prix, devient secondaire, s’efface au profit du plaisir de continuer à monter, de rester connecté à la montagne, de faire corps avec la paroi, de sentir la roche sous ses doigts.

C’est le chemin qui compte, pas la destination. Après tout, penser continuellement à l’objectif et imaginer tous les scénarios possibles est une perte de temps. Si on s’y est attelés, c’est justement pour tendre vers lui. On peut se permettre de l’oublier, notre inconscient nous y guidera.Savoir s’arrêter permet de savourer le moment, profiter du paysage, respirer, de contempler le chemin parcouru et de garder une vue d’ensemble sur la situation pour anticiper les étapes à venir, évaluer les risques.

A son rythme

La force n’est pas très utile comparé à la capacité de concentration, à l’agilité, la souplesse, l’équilibre. Certains y arrivent certainement de façon plus naturelle, avec plus de style, plus vite. Et alors, qu’est ce que ça change? On avance à son rythme. Chaque pas est une expérience supplémentaire qui permet de gagner en confiance. Il y a des passages plus difficiles où l’on peut être pris de vertige, sentir qu’on peut perdre pied, que la chute peut être grave. La solution n’est pas un secret: il suffit de regarder devant, comme si le vide en-dessous n’existait pas, et l’obstacle se traverse en douceur.

Récompense

Puis le sommet approche, la récompense est la, à portée de main. On l’a fait cette montée, en y mettant toute son énergie, en faisant appel à ses ressources, à sa sagesse, à son discernement. Le selfie pour épater la galerie n’est rien à côté du sentiment de réalisation, de satisfaction, de fierté, de bien-être. On se sent sur un nuage, les sens sur-stimulés. La preuve que ce qui ne tue pas nous rend plus fort. L’extase dépassée, il est temps de redescendre à la routine, aux sentiers battus. La vie poursuit son cours. L’épreuve, arrosée de courage et de persévérance, s’est transformée en succès, en nouvelles compétences, en atout, en expérience qui servira… à affronter le prochain obstacle (ou le prochain mur)!


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expérience zero waste

Notre expérience « zéro déchet » après 3 ans

Loin, très loin des idées reçues, notre expérience zéro déchet de 3 ans s’est avérée être une réussite, une période riche en expériences, en (ré)apprentissages, et un moyen efficace et durable de faire des économies tout en préservant vraiment les ressources de la planète.

Bilan de nos poubelles

Les résultats parlent d’eux-mêmes : alors qu’un Suisse moyen produit 200kg d’ordures ménagères par an, nous avons réussi, dès la première année à diviser par 25 cette quantité, avec 8kg par personne en 2016, déménagement compris.

En 2017, l’arrivée de notre fille a perturbé notre routine. Malgré l’accouchement à la maison, les couches jetables des premières semaines et quelques travaux dans la maison, nous sommes restés à 18kg par personne, soit 10 fois moins que la moyenne. Pour être tout à fait honnête, il faudrait aussi compter une centaine de kilos liés aux vieux meubles de cuisine que nous avons apporté en déchetterie. Même en comptant ces 100kg, cela fait un total de 53kg : c’est encore 4 fois moins que la moyenne.

couches lavables

En 2018, nous nous sommes stabilisés à 12kg chacun, dont une bonne moitié sont les couches jetables que nous utilisons la nuit pour notre fille. Nous avons de la marge pour en arriver au bocal de Béa Johnson, mais c’est l’équilibre que nous avons trouvé pour l’instant.

Recycler moins

recyclage

Moins de déchets, c’est aussi recycler moins. Nous avons pesé verre, carton, papier, métaux et autres matières recyclables pendant deux ans pour tenter de vérifier cette maxime, chiffres à l’appui. Alors qu’en Suisse, on recycle 230kg de matières par personne, nous avons pesé 28kg chacun en 2017 (-88%), et 22kg en 2018 (-90%). Pourquoi ces chiffres ? Car il ne s’agit pas remplacer le plastique par le carton, mais bien d’éviter toute forme de déchet en amont. Gardez à l’esprit que le recyclage pollue aussi beaucoup et qu’il n’est pas une solution viable à long terme. D’où l’intérêt de refuser, réduire et réutiliser lorsque c’est possible, avant de chercher à recycler.

Comment réduire ses déchets?

Il y a beaucoup d’astuces pour produire moins de déchets :

  • acheter le strict nécessaire, donner ou vendre ce qu’on n’utilise plus
  • acheter d’occasion
  • consommer local (ferme, marché, petits commerces) en apportant ses contenants
  • faire ses produits ménagers et cosmétiques
  • faire durer le matériel, privilégier la qualité, réparer
  • vendre ou donner ce qu’on n’utilise plus

Au fur et à mesure de notre expérience zéro déchet, on s’est rendu compte que les a priori que nous avions au départ se sont progressivement évanouis les uns après les autres. Voici un petit florilège d’idées reçues (à tort) sur le mode de vie zéro déchet.

Idée reçue #1 : « C’est plus cher »

Faux. Tout dépend de ce qu’on compare. Si on compare le prix de certains aliments industriels avec leur équivalent bio, local et sans emballage, effectivement cela revient un peu plus cher. Mais si on regarde la globalité du budget familial, on constate une baisse significative, et ce pour plusieurs raisons:

  • Inclut-on aussi dans le budget alimentation les restos, les sucreries achetées au distributeur, le café à l’emporter du matin? Chez nous, les restos sont une exception et nous avons simplement appris à résister à l’appel du tout-prêt emballé inutilement.
  • Acheter dans une épicerie bio-vrac permet d’échapper aux tentations du marketing et des actions promotionnelles. On achète rarement plus que ce qui est sur la liste de course. En outre, si vous souhaitez faire attention à votre alimentation, sachez que c’est au supermarché que ça se joue. Une fois le Nutella dans le placard, vous pouvez résister un jour, une semaine, un mois, vous finirez par le manger. Vous pouvez vous motiver en participant au défi « Février sans supermarché« .
  • Le zero waste, c’est d’abord se satisfaire de ce qu’on a. Les soldes, les Black Friday, les commandes en ligne: tout ceci vous fait croire que vous économisez, alors que vous ne cessez de dépenser toujours plus.
  • En faisant vos cosmétiques et vos produits ménagers, vous faites des économies, prenez soin de votre peau, et détoxifiez votre maison.
  • A l’origine, le zéro déchet n’était pas notre objectif. Un de nos premiers pas (inconscient) vers le zéro déchet a été de s’abonner à un panier de légumes bio, locaux et de saison. Ce que nous pensions être plus cher s’est révélé l’inverse: nous avons cuisiné davantage, et même préparé de quoi remplir deux Tupperware à emporter le lendemain. Et manger sain, c’est un critère de bonne santé. Trouvez un producteur près de chez vous (Réseau des AMAP en France, Fédération des ACP en Suisse)
  • Un autre bon moyen d’économiser est d’acheter d’occasion: friperies, trocs, brocantes, internet, on trouve beaucoup de choses pour pas cher.

Des économies bien concrètes

Résultat : notre budget est deux fois plus petit que le budget moyen d’un ménage suisse, ce qui nous a permis de réduire notre temps de travail pour se consacrer à des choses plus importantes. Tout est une question de choix: où investit-on son argent, son temps, son énergie? Dans les supermarchés, dans un monde de consommation de masse qui nous empoisonne à petit feu? Ou dans une économie alternative qui privilégie l’essentiel, la tempérance, la qualité, la préservation des ressources?

Idée reçue #2 : « C’est contraignant »

Faux. Certes, cela demande un peu d’énergie et de réflexion au début pour trouver les bonnes adresses, les bonnes recettes, les bonnes astuces. Mais c’est avant tout une histoire d’organisation. Faire ses courses n’est plus la contrainte stressante du samedi matin.

  • Faire ses produits ménagers prend très peu de temps. Lors des ateliers que j’anime, la partie pratique excède guère 1h et les participants inexpérimentés fabriquent 4 ou 5 produits. Et encore, sans l’inertie du groupe et avec un peu d’expérience, on peut faire tous ses produits pour six mois en environ 30 minutes (soit l’équivalent d’un petit épisode Netflix).
  • On dit toujours manquer de temps, mais avez-vous déjà calculé le temps quotidien passé sur votre smartphone, la TV ou internet? Un Suisse moyen, c’est plus de 2h par jour devant la TV. Je n’ai ni TV ni smartphone, ce qui me libère du temps pour des choses plus intéressantes et utiles.
  • Si on attend d’avoir du temps pour faire quelque chose ou changer une habitude, on ne le fait jamais.
  • Il faut 30 jours pour changer une habitude, c’est scientifiquement prouvé. Si vous faites un petit effort pendant un mois, cela devient une habitude. Et qui dit habitude dit réflexe, automatisme.

Idée reçue #3 : « On ne peut jamais arriver à zéro déchet »

Vrai. J’admets volontiers le caractère un peu usurpateur de l’expression « zéro déchet », car on n’y arrivera probablement jamais. Cependant, si certaines familles produisent des tonnes de déchets alors que d’autres arrivent à en produire un litre par an, je me suis rendu compte qu’il y avait de la place entre ces deux extrêmes, et un juste milieu à trouver. Mais j’ai surtout eu la preuve que c’était possible de faire beaucoup mieux. Alors zéro déchet n’est peut-être pas la meilleure expression, mais je trouve utile d’avoir cette vision comme ligne d’horizon. Ne dit-on pas que l’utopie d’aujourd’hui est la réalité de demain ?

Idée reçue n°4 : « Le zéro déchet ne changera pas l’état de la planète »

Faux. Je trouve stérile de mettre la faute sur les politiciens, les multinationales, les supermarchés, les Chinois ou « les gens » qui ne font pas ce qu’il faut. Au contraire, quand on critique un système, on l’alimente. Certes les politiques et les industriels ont un rôle à jouer. Mais à l’évidence, on ne peut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre (dixit Einstein). Et on n’a pas inventé l’ampoule en modifiant la bougie (encore Einstein). Le modèle entier est corrompu, perverti, toxique. Il s’agit de l’ignorer et de construire un modèle alternatif à côté, sans haine ni violence. Il ne faut pas confondre apporter sa pierre et jeter des pavés, créer et détruire, alimenter et laisser crever. Le système actuel n’est pas durable et il s’éteindra tout seul au fur et à mesure que le nouveau grandira.

Prenez plutôt modèle sur ceux qui arrivent à faire les choses autrement. Renseignez-vous sur les alternatives en terme d’alimentation, de santé, de mode de vie, de philosophie de vie. Je suis intimement convaincu que la somme des petits gestes a un impact décisif sur le long terme. Ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grands fleuves ?

Réduire son empreinte carbone avec le zéro déchet

Le zéro déchet est un excellent moyen de réduire son impact sur la planète car il permet de réfléchir sérieusement sur son mode de vie, de remettre en cause ses habitudes les plus polluantes, pas à pas, à son rythme, en commençant par ce qui paraît le plus facile. Le zéro déchet est en fait un exercice de simplification de notre vie.

Notre expérience zéro déchet a démontré que les idées préconçues sont en fait colportées par des personnes n’ayant jamais essayé. Faites-vous donc plutôt conseiller par ceux qui ont une expérience à partager et des leçons à en tirer. De notre côté, les résultats sont là et cette voie nous paraît aujourd’hui comme une évidence.


Pour en savoir plus:

utiliser l'urine au jardin

Comment utiliser l’urine comme engrais au jardin

Et si votre urine n’était pas qu’un vulgaire déchet à traiter, mais un engrais naturel abondant, renouvelable et totalement gratuit? Pour ne pas faire d’erreur, voici comment utiliser au mieux votre urine au jardin.

L’urine: un engrais aux nombreux bienfaits

Dans notre société, l’urine est mal vue (c’est sale, ça pue, il faut vite tirer la chasse). Pourtant, elle recèle d’incroyables avantages pour le jardin, et elle a fait l’objet d’études sérieuses, notamment par le Stockholm Environment Institute, l’ingénieur français Renaud de Looze ou encore l’Eawag (Institut fédéral des sciences et technologies de l’eau, en Suisse).

urine au jardin

Tout d’abord, afin de dé-diaboliser ce précieux liquide, voici quelques informations destinées à vous rassurer:

  • L’urine n’est pas sale. Elle est même stérile lorsqu’elle est fraîche, sauf en cas de maladies urinaires. Et plus encore: elle a des vertus cosmétiques (c’est un anti-âge très prisé des Japonais) et thérapeutiques (notamment contre les piqûres et brûlures, ou pour nettoyer, désinfecter et cicatriser une plaie).
  • Elle ne dégage pas d’odeur lorsqu’elle est versée sur un sol vivant et aéré. Contre un bâtiment ou dans la rue, c’est une autre histoire. Cependant, après quelques jours de stockage en bidon, de mauvaises odeurs apparaissent, dues notamment à la décomposition des protéines et à la production d’ammoniac.
  • L’urine peut se conserver d’une saison à l’autre. Rien ne vous empêche de fertiliser au printemps avec l’urine accumulée en hiver. Il suffit de la stocker pure dans des bidons ou des bouteilles remplis à fond (pour éviter le contact avec l’air), bien fermés et entreposés dans un endroit frais et sombre. Une fois entamé, le bidon doit être utilisé en entier.
  • Les traces de médicaments sont totalement détruites lors de la minéralisation de l’urine dans le sol.
  • Les résidus de pesticides sont presque insignifiants pour avoir un impact sur les plantes. De plus, ils sont eux aussi détruits avec le temps.
  • Utiliser l’urine au jardin est une méthode naturelle qui s’inscrit totalement dans une démarche de jardin en permaculture.

Pourquoi l’urine est un engrais?

L’urine a une formule NPK de 0,6 – 0,1 – 0,2. Concrètement, cela veut dire qu’un litre d’urine contient 6g d’azote (N), 1g de phosphore (P) et 2g de potassium (K). C’est un engrais à action rapide bien équilibré, riche en azote.

L’azote contenu dans l’urine est présent sous forme d’urée. Saviez-vous que l’urée de synthèse est l’engrais solide le plus vendu dans le monde? C’est un comble lorsqu’on sait que chaque personne urine 1,5 litres tous les jours!

Cet azote est directement assimilable par les plantes, ce qui en fait un engrais « coup de fouet » qui va favoriser la photosynthèse et le développement des feuilles et des tiges. L’urine a donc une action rapide sur les plantes. Au contraire, un amendement du sol en compost ou en fumier va améliorer la structure du sol et avoir un effet plus lent, en relâchant ses nutriments sur le long terme. Compost et urine sont donc tout à fait complémentaires.

Le seul inconvénient de l’urine au jardin est son taux de sel qui peut être néfaste à grande dose. Si vous urinez toujours au même endroit, le sol (et les plantes qui y vivent) vont être intoxiqués de sel. Il n’y a donc aucun problème à uriner dans votre jardin, mais pas toujours au même endroit. Pour réduire ce taux de sel, vous pouvez manger moins salé (c’est aussi meilleur pour vous) et/ou de substituer le sel de mer avec du sel de régime, moins riche en sodium. Des tests sur les fraises ont notamment montré qu’en remplaçant le sel par du sel de régime dans votre alimentation, les fraises sont plus précoces et donnent de meilleures récoltes.

Comment appliquer l’urine au jardin?

Afin d’éviter tout surdosage, il est conseillé d’appliquer chaque année entre 1L pour les plantes peu gourmandes (comme la salade, les fraisiers ou les carottes) à 3 ou 4 lires d’urine pour les plantes gourmandes (tomates, courgettes) par mètre carré. A cela, il est conseillé d’ajouter le même volume de compost sur la même surface. Il existe deux méthodes pour fertiliser vos plantes (au choix):

  • Fertilisation de fond: épandre 2 à 4 litres d’urine pure + 2 à 4 litres de compost mûr par mètre carré. Faites ceci au printemps, 2 à 3 semaines avant vos plantations, car l’urine a besoin de temps pour se minéraliser et ainsi devenir assimilable par les plantes. Profitez-en pour étendre une couche de paille qui va protéger la vie du sol des UV et des intempéries. Si vous avez des plantes en pot, comptez 1L d’urine pour 20L de terreau. Cette méthode nécessite toutefois de stocker de grandes quantités d’urine: environ 10 bidons de 20L pour un jardin de 100m2.
  • Fertilisation d’entretien: c’est probablement la technique la plus simple car il n’est pas nécessaire de stocker l’urine. Apporter 0,5 L d’urine (diluée dans un arrosoir de 10L d’eau de pluie) par mètre carré. Vous pouvez répéter l’opération toutes les 4 semaines au printemps, toutes les 2 semaines en été lorsque les plantes ont atteint leur taille « adulte » et ont le plus besoin de nutriments.

Faites toutefois attention aux besoins différents des plantes et ne dépassez pas les 2 à 4 litres par mètre carré (soit 4 à 8 applications par saison). La dernière application doit se faire 3-4 semaines avant la récolte.

Eviter la faim d’azote due au BRF ou au paillage

De par sa composition, l’urine est un remède idéal contre la faim d’azote, un phénomène qui surgit lorsque l’on couvre le sol avec du BRF ou de la paille. L’azote du sol est alors totalement mobilisé par les micro-organismes (champignons) qui vont décomposer ces matières carbonées. Les plantes jaunissent alors, dû au manque d’azote disponible.

L’urine permet d’éviter la faim d’azote: il suffit d’arroser le couvert végétal avec de l’urine diluée à 5% (0,5L dans un arrosoir de 10L par mètre carré) toutes les 3 semaines. Des études ont montré qu’il faut 15L d’urine, pure ou diluée, pour décomposer une brouette de 75L de BRF (ou 2L pour un seau de 10L de BRF). Concrètement, si vous apportez 25 litres de BRF par mètre carré, il faut doubler les doses recommandées plus haut, soit ~5L / m2.

urine au jardin

La cendre, un apport complémentaire

En plus de l’urine, on peut ajouter une tasse de cendres de bois, très riches en minéraux par m2. C’est un maximum qu’il faut absolument respecter, afin de conserver l’équilibre du sol, sa structure et ses petits habitants. Que ce soit au jardin, au pied des arbres ou sur votre pelouse, veillez donc à bien étaler la cendre. Vous pouvez le faire au printemps avant le paillage, ou lorsque vous étalez votre compost. L’intérêt de la cendre réside notamment dans sa teneur en potassium (K), qui accroît la résistance au stress hydrique et aux maladies.

L’urine au jardin: une solution gagnant-gagnant

L’urine n’a donc plus de secret pour vous. Ne gaspillez plus votre pipi, d’autant plus qu’uriner dans l’eau potable est un sacrilège. Faites-en profiter votre jardin, vos haies, arbres fruitiers, plates-bandes fleuries, etc. Vous ferez ainsi des économies d’eau aux toilettes, d’engrais au jardin et vous fermerez la boucle des nutriments. Une solution gagnant-gagnant.

Sources


energies renouvelables propres

Quelle est l’énergie la plus propre

« Le photovoltaïque est écologique, le nucléaire n’émet pas de CO2, l’hydraulique est une énergie propre… » On nous le rabâche en boucle. Pourtant, ces sources énergétiques ont aussi des impacts souvent ignorés. Toutes les alternatives au pétrole et au nucléaire ont des inconvénients. Ceci doit nous rappeler que toute forme d’énergie, propre ou sale, est précieuse.

Comment les énergies fossiles polluent

Le charbon, le pétrole et le gaz « naturel » ont déréglé notre climat et continuent à le faire. Pourquoi? Parce que le carbone accumulé dans le sol sur des centaines de millions d’années se retrouve en quelques dizaines d’années seulement propulsé dans l’atmosphère et les océans. Les répercussions sur la biosphère sont considérables: effet de serre, réchauffement, événements climatiques, acidification des océans, dérèglement des saisons, etc. Ce stock de CO2 ne pourra pas être stabilisé en quelques générations. Le mal est fait, et mieux vaut arrêter cette aberration écologique immédiatement pour ne pas empirer une situation déjà dramatique.

Le solaire photovoltaïque

Le soleil ne suffit pas à produire du courant. L’installation (capteurs, onduleur, compteurs, câbles, etc) nécessite d’abord des matériaux: métaux, plastique, silice, etc.

Avant de produire le premier kilowattheure « vert », il faut également une certaine quantité d’énergie grise, à savoir l’énergie nécessaire pour extraire les ressources, les transformer, assembler les composants, les emballer, les acheminer, les installer, puis traiter les déchets.

solaire: une énergie propre?

Par ailleurs, ils ont un rendement encore très faible (15-20%) et dépendent totalement de l’ensoleillement, de ses variations quotidiennes (jour-nuit, météo) et saisonnières (été-hiver). Que faire de l’excès d’énergie produit un dimanche d’été à midi et quelle ressource complémentaire utiliser lorsque le soleil ne brille plus? Les dispositifs de stockage (batteries Tesla et autres) sont eux aussi bourrés d’énergie grise. Enfin, le traitement des panneaux en fin de vie pose encore problème et demande lui aussi beaucoup d’énergie: démantèlement, transport, recyclage, etc. La « durabilité » des panneaux dépendra donc de leur durée de vie, de leur qualité de fabrication, de leur provenance et de leur raccordement ou non au réseau. En effet, la revente des kWh en excès permet d’amortir l’installation tout en évitant de devoir stocker (puisqu’elle est réinjectée sur le réseau) ou de gaspiller l’énergie produite en excès.

Le solaire thermique

Le solaire thermique est une solution relativement low tech dont le potentiel est encore largement sous-estimé. Cette énergie est plus simple dans son fonctionnement puisqu’il n’y a pas de conversion nécessaire comme pour le photovoltaïque, si ce n’est la transformation naturelle du rayonnement lumineux en chaleur, qui se fait même par temps nuageux. Quand au stockage de l’énergie, il est aujourd’hui facile de stocker la chaleur dans un ballon d’eau bien isolé. Les fluctuations de l’ensoleillement sont moins gênantes grâce à l’inertie du stockage. Des solutions existent maintenant pour stocker l’énergie inter-saison, c’est-à-dire qu’on peut chauffer un bâtiment l’hiver avec l’énergie accumulée l’été, mais cela nécessite d’énormes accumulateurs en acier.

L’éolien

Les opposants à l’éolien brandissent les mort d’oiseaux, le bruit pour le voisinage, l’esthétisme et la pollution électromagnétique. De plus, la production éolienne est intermittente puisqu’elle dépend de la force du vent.

éolien: énergie propre?

Mais elle a l’avantage de produire plus en hiver, quand du courant « sale » doit être acheté à l’étranger, améliorant ainsi l’autonomie énergétique du pays. Une éolienne présente aussi l’avantage de tenir peu de place au sol, de ne pas rejeter de CO2 et d’être plus facilement recyclable.

Le courant électrique est produit par la rotation d’un rotor (les pales) autour d’un stator composés d’aimants permanents. Or, plus les aimants sont puissants, plus ils permettent de créer de l’électricité… et plus ils doivent contenir de néodyme, une « terre rare » extraite de mines chinoises dans des conditions humaines et environnementales accablantes et concentrée lors de procédés industriels énergivores. Une éolienne de 3,5MW nécessite 600kg de néodyme.

Le nucléaire

Souvent défini comme écologique du fait qu’il ne produit pas de CO2, le nucléaire est loin d’être exempt d’impacts environnementaux. D’abord il n’est pas renouvelable car l’uranium est une ressource limitée que l’on importe (Australie, Canada, Afrique, Asie Centrale). Nous dépendons donc des pays d’où il est importé. Pour être utilisable, l’uranium, présent dans la roche à des concentrations extrêmement faibles, doit être enrichi dans des centrifugeuses très énergivores. Encore cette fichue énergie grise!

L’énergie est produite par fission nucléaire: le noyau de l’atome d’Uranium dégage de la chaleur en se cassant. La chaleur est ensuite convertie en vapeur puis en électricité grâce à des turbines. En cas de dysfonctionnement, la fission peut rapidement s’emballer, faire fondre l’installation, et provoquer les catastrophes que l’on connait. N’est-il pas irresponsable de la part de nos dirigeants de se permettre le risque d’un accident nucléaire? Pour rappel, le coût de la catastrophe de Fukushima est estimé à 1000 milliards de dollars (les dépenses de l’Etat français sur 2 ans)?

Une centrale nucléaire est impossible à arrêter. Elle produit donc en permanence, peu importe la demande. Le surplus produit la nuit ou les weekends est parfois utilisé pour du pompage-turbinage.

Enfin, le nucléaire reste peu cher car le prix du kWh n’inclut pas trois facteurs importants:

  • les coûts cachés dans nos impôts, puisque le programme nucléaire est largement subventionné par l’Etat: recherche, infrastructures, production, sécurité, traitement des déchets… (voir cet article)
  • le traitement des déchets radioactifs, toxiques et dangereux, dont nous ne savons toujours pas quoi faire après 50 ans d’utilisation. Un comble!
  • le démantèlement des centrales qui va coûter des dizaines de milliards.

Apprêtez-vous à passer à la caisse!

L’hydraulique (l’énergie des barrages)

L’énergie hydraulique convertit, grâce à une turbine, l’énergie potentielle de l’eau (à savoir son « poids » en bas d’une conduite forcée) en énergie cinétique et donc en électricité. Plus la hauteur entre la surface de l’eau et la turbine est élevée, plus on peut produire d’énergie.

Hydraulique: énergie propre?

Lorsque le relief le permet, cette source d’énergie offre donc de nombreux atouts en complément du nucléaire. En effet, l’excédent d’électricité nucléaire produit la nuit est utilisé pour repomper l’eau de bas en haut, jusqu’au lac artificiel. Cette énergie stockée en altitude peut ensuite être utilisée à la demande.

L’énergie hydraulique peut être activée quasi instantanément et donc s’adapter à la demande, notamment aux heures de pointe. Cependant, l’eau est moins disponible en hiver, là où la demande en électricité est plus forte, car elle s’accumule sous forme de neige et n’est disponible que lors de la fonte des neiges.

La construction de barrages requiert beaucoup de ciment. Or, la fabrication du ciment est très énergivore (puisqu’il faut brûler la roche calcaire) et émet 5% des émissions mondiales de CO2. Notons que le risque de rupture des barrages, par exemple en cas de séisme, n’est pas nul et peut potentiellement dévaster des régions entières.

Toutefois, la petite hydraulique au cours de l’eau offre un impact moindre sur le paysage et l’environnement, et surtout un fort potentiel puisqu’il est possible de produire de l’électricité avec une chute d’eau d’un ou deux mètres. D’autres installations exploitent l’énergie des fleuves et des marées.

La biomasse

Historiquement, c’est l’énergie la plus ancienne puisqu’on utilise le bois pour se chauffer depuis la Préhistoire. Si un feu dans une cheminée ouverte est absolument inefficace, il existe aujourd’hui des poêles et chaudières ayant un excellent rendement énergétique, tout en réduisant les émissions de particules fines.

Pour autant que le bois brûlé provienne de forêts gérées durablement, le CO2 issu de la combustion peut être réabsorbé par la végétation via la photosynthèse. La boucle est donc fermée et le bilan CO2 peut être considéré comme quasi-nul.

Bois: énergie propre?

La biomasse peut aussi être valorisée grâce à la méthanisation qui permet de capter le méthane issu de la dégradation anaérobique des déchets végétaux (compost, déchets agricoles, etc) pour produire du biogaz.

La géothermie

Intéressante sur le principe (on récupère la chaleur de la terre pour se chauffer), la géothermie est toutefois encore très gourmande en électricité. Le fonctionnement d’une pompe à chaleur est similaire à un frigo: le fluide doit subir plusieurs opérations (compression, condensation, détente, évaporation), et il faut pour cela investir 1kWh d’énergie pour en récupérer 4. De plus le forage est très coûteux et le potentiel thermique n’est pas particulièrement intéressant en Suisse. Une PAC air-eau, n’est qu’un chauffage électrique amélioré, avec des rendements annuels de 1 kWh consommé pour 4 produits. En hiver, les rendements sont moins bons puisqu’il faut capter des calories dans un air glacé.

Existe-t-il une énergie propre?

Il est aujourd’hui assez facile de produire de la chaleur de façon écologique (solaire thermique, bois, etc) mais produire de l’électricité coûte cher, écologiquement parlant. Il s’agit donc de la consommer avec modération, et en ayant consciences de ce crédit que nous offre la Terre.

L’énergie la plus propre est celle que l’on ne doit pas produire. L’enjeu des prochaines décennies sera de trouver le mix idéal entre ces différentes sources, tout en réduisant drastiquement nos besoins. C’est ce que propose le plan Négawatt, basé sur la diminution de la consommation d’électricité, la réduction des besoins inutiles (par exemple l’éclairage des vitrines la nuit) et l’optimisation de l’efficacité énergétique (isolation, rendements améliorés, éclairage LED).

Les énergies renouvelables ont clairement leur lot d’avantages comparées aux énergies fossile et nucléaire. De là à dire qu’elles sont écologiques semble un raccourci un peu rapide. Développer un mode de vie plus sobre est certainement la meilleure chose qu’on puisse faire.


Pour en savoir plus, participez à ma conférence sur l’énergie de demain: voir Cours et ateliers.

couches lavables

Couches lavables: l’alternative gagnante aux Pampers

Les idées reçues sur les couches lavables sont nombreuses. Pourtant, économiquement et écologiquement, elles sont une alternative avantageuse aux Pampers. Mon expérience a révélé encore d’autres avantages.

Avantage financier

Tout d’abord, utiliser des couches lavables coûte moins cher. L’investissement de départ pour acheter un set de couches est vite rentabilisé. Comptez CHF 300.- à 500.- pour un kit complet, et même moins si vous en trouvez d’occasion. Alors qu’en 2 ans et demi, un bébé consomme 4’500 couches jetables, soit un coût moyen de CHF 2’000.-. Et ceci sans compter les lingettes que nous avons remplacé par des lingettes lavables fabriquées avec une serviette de bain. En plus, les couches lavables peuvent être réutilisées pour un 2e bébé, ou revendues facilement sur internet. Le coût de départ est donc très vite amorti.

Consommation d’eau et d’énergie

Certains prétendent qu’il serait plus énergivore de laver des couches réutilisables que de produire des couches jetables. Mon expérience montre que c’est faux. Je relève ma consommation d’eau et d’électricité chaque mois et ma consommation n’a pas augmenté à cause des couches (voir graphique). Cela est principalement dû au fait que nous lavons les couches à 40°C (plus rarement à 60°C) et que nous les séchons à l’air (nous n’avons pas de sèche-linge).

impact écologique couches lavables

Bilan écologique des couches

L’avantage en terme d’énergie grise, d’empreinte eau et d’émissions carbone est très clairement en faveur des couches lavables. Pour être fabriquée, une seule couche jetable nécessite une tasse de pétrole brut. Puis elle doit être incinérée (avec le pipi-caca) après 3 heures d’utilisation, générant toutes sortes de pollutions: dioxines, gaz à effet de serre, cendres toxiques, etc.

Bébé plus propre

Voyons les choses du bon côté: avec les couches lavables, le bébé assimile mieux la sensation de mouillé au fait d’uriner et prend conscience très tôt de ses mictions. Il cherchera donc à être plus propre plus vite. D’ailleurs, notre fille a arrêté de faire caca dans sa couche à 4 mois et demi. Dès qu’elle commence à pousser, on la tient au-dessus du pot et elle fait le reste du travail. Elle est fière d’utiliser le pot et est devenue propre (le jour) à 18 mois. Pour la dignité, la propreté du bébé, je recommande la méthode « sans couche », en complément des couches lavables.

Meilleur pour la santé de bébé

Les couches jetables contiennent des matières synthétiques qui sont en contact 24/24h avec la peau de votre bébé. Avec les couches lavables et en utilisant un liniment (qu’on fabrique en mélangeant à part égales de l’huile d’olive et de l’eau de chaux), les fesses sont moins irritées et il y a moins de risques d’allergies qu’avec des jetables.

Doit-on utiliser des couches lavables en permanence?

Évidemment non. Il faut trouver le bon compromis, mais cela vaut le coup d’essayer. Malgré quelques accidents dus à des erreurs de parents débutants, nous avons rapidement adopté ces couches lavables, tant elles sont pratiques et efficaces. Jusqu’à 18 mois, nous avons utilisé une couche jetable pour la nuit, car elles sont plus absorbantes et permettent de tenir 10 à 12h, ce qui est plus compliqué avec des couches lavables.

Quel modèle de couches lavables choisir?

C’est peut-être le plus compliqué au début quand on n’y connait rien. Il y a un choix énorme de couches, mais les modèles se divisent en 3 groupes:

g diapers
  • les tout-en-1 (TE1), moins pratique car il faut à chaque fois tout laver (surcouche et insert). Elles sèchent moins vite et sont plus encombrantes pour le bébé. Certaines ont une poche où l’on peut insérer un insert, ce qui permet de sécher moins longtemps.
  • les tout-en-2 (TE2), qui permettent de réutiliser la surcouche et de changer seulement l’insert mouillé. ​​Cette solution est meilleur marché, le séchage est plus rapide, et nécessite moins de machines. Au début, nous avons utilisé juste une surcouche étanche avec des langes classiques, à l’ancienne, en utilisant une technique de pliage toute simple.​​
  • les tout-en-3 (TE3), comme une T2, sauf que la surcouche est la poche plastique se séparent. Malgré le fait qu’elles n’existent pas en taille unique (il faut donc acheter un peu plus de surcouches), c’est celles que nous préférons (notamment les gDiapers) car elles sont plus pratiques et légères, plus faciles d’entretien et elles ne fuient pas!

​​Tous ces modèles se déclinent en marques, couleurs, styles et matériaux différents. Vous trouverez pléthore d’informations à ce sujet sur le web.

couches lavables

Le lavage des couches lavables

C’est probablement ce qui rebute le plus les parents. Étant principalement responsable de cette tâche, je n’ai jamais trouvé cela pénible ou fastidieux. Il suffit de rincer les couches sales rapidement sous l’eau froide. En cas de caca, je gratte le plus gros au-dessus des toilettes avec une cuillère, puis je frotte la couche sous le robinet avec une vieille brosse à dent. Puis on les stocke dans un seau jusqu’à ce que celui-ci soit plein, et on lance une machine à 40°C avec un programme normal (tous les 4 jours environ). Pendre les couches (au soleil, car les UV blanchissent les taches) et les plier prend seulement quelques minutes par semaine. Tout est une affaire de choix. Nous n’avons ni TV ni smartphone, ce qui nous permet d’utiliser notre temps autrement.

Conclusion

Loin d’être un truc pour bobo hippies, les couches lavables sont devenues pour nous une évidence face au gaspillage des couches jetables. Il suffit d’essayer en louant un kit d’essai. Et rien n’empêche de les utiliser seulement de temps en temps, en alternance avec les Pampers. Sachez en tout cas que vous pourrez les revendre aisément si cela ne vous convient pas. Mais vous êtes prévenu(e): essayer les couches lavables, c’est les adopter!

couches lavables

Pour louer des kits d’essai et recevoir des conseils de pro, contactez mon épouse sur stoffwindelfieber.ch

Pour en savoir plus sur le zéro déchet, participez à un de mes cours.

Florian Candelieri

La recette du bonheur

Florian a décidé d’être heureux et de dédier sa vie à transmettre le bonheur et la paix. Non seulement, il a trouvé la recette du bonheur, mais il le rayonne et le transmet autour de lui avec un naturel et une efficacité déconcertante. Rencontre avec un personnage « génial ».

Florian Candelieri et la recette du bonheur
Florian Candelieri

David: Florian, comment te définirais-tu ? Que fais-tu dans la vie ?

Florian: Difficile de répondre en deux mots, mais disons que je participe à transmettre le bonheur et la paix, et à créer une société harmonieuse.

Comment tout cela a-t-il commencé ? As-tu eu un déclic ?

Pas du tout. Je dirais que j’ai toujours observé le monde qui m’entoure. C’est à 7 ou 8 ans que j’ai pris conscience que je vivais dans un monde du Monopoly où l’on vend, achète, consomme… dans une société qui rend les gens malheureux et seuls, qui crée des murs et qui nous conditionne à travailler pour consommer. Et cela m’a poussé à agir.

Pour contribuer à créer du lien et à encourager une société du partage, j’ai créé une plateforme de location entre particuliers, e-syrent.ch, où les utilisateurs peuvent prêter ou emprunter des objets. Petit à petit, je me suis rendu compte que je rentrais dans une logique de croissance : il fallait plus d’utilisateurs, plus de transactions, plus, plus, plus. J’étais pris dans une spirale dont je ne voulais pas et je n’y voyais plus de sens.

Alors j’ai fait une retraite dans un monastère pour prendre du recul, et j’ai voyagé 4 mois en me laissant porter au gré des rencontres que je faisais. Petit à petit, j’ai ressenti une forte sensation de vivre, d’être heureux.

« C’était ça la vie : partager, être en contact, faire des choses qui rendent heureux. Ma vie a recommencé. »

As-tu réussi à continuer ce mode de vie à ton retour en Suisse ?

A mon retour, j’ai vraiment senti le décalage entre moi et la société. Je ne me voyais pas mettre de côté ce que je venais de vivre. J’ai donc cherché à vivre avec le moins d’argent possible.

Vivre sans argent

La Suisse est le pays de l’argent, du matériel. Comment peut-on vivre sans argent ?

Il y a plein de moyens. D’abord grâce à la récupe. On trouve dans les déchetteries des choses presque neuves, des vêtements en super état. Grâce à plusieurs engagements bénévoles auprès d’associations, j’arrive à me faire rembourser mes trajets en train, à récupérer des invendus pour manger, etc. En fait, je n’avais pas de désir à satisfaire, pas de besoin, si ce n’est de continuer à nourrir ce sentiment de bien-être et de joie.

Est-ce que tu travailles de temps en temps pour gagner un peu d’argent ?

Je ne dirais pas que ce que je fais est du « travail » (le mot vient de tripalium en latin, qui est un outil de torture) mais plutôt que je participe activement au monde et il arrive qu’on me donne de l’argent en contrepartie de mon temps, de mon énergie. Mais je ne demande jamais un salaire en argent.

« Quand on se détache de l’idée qu’il faut travailler pour gagner, quand on donne sans forcément attendre de contrepartie, on observe qu’on reçoit toujours quelque chose. »

Le logement est un poste important dans le budget des ménages. Comment payes-tu ton loyer si tu n’as pas d’argent ?

Pendant plusieurs années, j’ai trouvé des combines : squat, colocation. Depuis 15 mois, je vis en quelque sorte chez ma compagne puisque je ne paye pas de loyer. Mais je contribue autrement, sous forme d’échanges et c’est un système qui nous correspond à tous les deux.

Devenir heureux

Qu’est-ce qui empêche les gens de vivre de façon simple ?

Tout simplement la peur. La peur de la mort, de la souffrance, de la faim, de la douleur. Peu importe d’où vient cette douleur, on est là pour débloquer ces peurs et vivre mieux, pour mettre en évidence ce qui nous limite. Si l’on veut laisser la place à quelque chose de nouveau, il faut faire le silence en soi. Personnellement, je suis arrivé à cette sérénité intérieure en faisant le silence, lors de retraites, ou en méditant.

Es-tu optimiste quant à l’avenir de la planète, de l’Humanité ?

Tout d’abord la planète va très bien et n’a pas besoin de l’Homme pour tourner. Peu importe qu’on aille dans le mur ou pas. L’important pour moi est de faire en conscience ce qui me semble le plus juste, là où je suis. Notre avenir est finalement la somme de milliards de comportements individuels et j’essaie d’œuvrer au maximum dans le sens de la paix et du bonheur. Tout est en relation avec tout. Tout est Un. Qu’on prenne soin de la planète, des hommes, des animaux, au final tout est une seule et même chose. On est tous dans le même bateau. Et chaque geste, chaque pensée participe à construire quelque chose de meilleur. C’est clair que ça ne changera pas du jour au lendemain, mais la Vie est un processus d’évolution éternel. Lentement mais sûrement, on va vers le mieux.

Comment participer efficacement à créer un monde plus beau ?

Il faut déjà sortir de la logique accusatrice, car blâmer ne sert à rien. J’ai eu moi-même une période où je réagissais de façon virulente. Conscient de l’inconscience collective, je disais autour de moi « réveillez-vous, on est dans la merde, vous ne pouvez pas continuer à vivre comme ça, on va dans le mur ». Mais j’ai compris que c’était stérile.

« Le seul moyen est de montrer l’exemple, de vivre soi-même selon ses valeurs, d’être bienveillant avec les autres et d’utiliser tous les outils de l’Amour. »

Encore une fois, il faut chercher et trouver la paix intérieure pour ensuite partager, transmettre, diffuser. Car les graines que l’on sème finissent par pousser.

Quelle est ta recette du bonheur? Que conseillerais-tu à quelqu’un qui se sent impuissant, pris en étau dans cette société où il faut passer sa vie à travailler pour consommer ?

Je ne sais pas s’il y a une recette du bonheur, mais je lui dirais de venir me voir (rires). On se sent souvent seul quand on est dans cette situation, mais on est en fait des millions à se poser ces questions. Il faut ouvrir les yeux, se relier à soi-même, se mettre en lien avec les autres et aller au-delà de la réaction à un modèle quel qu’il soit.

C’est clair, il y a ce capitalisme qui nous pousse dans l’impasse du consumérisme. Mais il y a aussi tout un nouveau monde qui émerge et qui grandit chaque jour, plus beau, plus juste, plus harmonieux. C’est vers ce monde qu’il faut chercher à aller.

Merci Florian pour cet échange passionnant.

Merci à toi ! Et n’oublie pas que t’es génial !


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La recette du bonheur

alliances en bois mariage zéro déchet

Mon mariage zéro déchet, zéro budget

J’ai fini par dire oui, et ce n’était pas gagné d’avance. Il est vrai que j’ai mis du temps à accepter l’idée de me marier un jour. Rien que de penser au fait de devoir inviter des dizaines d’invités et d’organiser tout un tralala a longtemps suffi à me dissuader. Je me voyais déjà stresser toute la journée, à faire en sorte que tout se passe bien, à gérer le programme, et au final à passer très peu de temps avec les invités. Je ne juge pas ceux qui font le choix des grandes fiestas, mais ce format-là ne nous ressemblait pas. Et nous ne voulions pas juste faire comme tout le monde pour la seule raison qu’un mariage, c’est comme ça et pas autrement. D’où un mariage zéro déchet et sans superflu.

Une petite fête en toute simplicité

Alors nous avons choisi la simplicité. Peu d’invités, un budget ridicule limité aux démarches administratives, pas de stress. Le but était de faire de ce mariage un moment agréable entouré de nos proches. Comme nous voulions fêter cela à la maison, nous ne pouvions techniquement pas inviter tout le monde d’un coup. Pour transformer l’inconvénient en avantage, nous avons d’abord invité la famille proche (parents, frères et sœurs avec leurs enfants) le jour de la cérémonie le vendredi, et nos amis les plus proches le dimanche, soit deux fois une quinzaine d’invités. Cela nous a laissé le samedi pour souffler, nous remettre de nos émotions et préparer la fête du lendemain.

Dress code: casual

Pour avoir participé à quelques mariages, j’ai remarqué que les principaux soucis des invités étaient: « Comment m’habiller? » et « Qu’est-ce qu’on va offrir? ». Pour anticiper et éviter ces casse-tête à nos convives, nous leur avons proposé quelques règles. La première était de venir habillés comme d’habitude, c’est-à-dire en jeans baskets t-shirt s’ils le voulaient, mais pas de défilé de mode. Nous-mêmes étions habillés simplement, avec des vêtements que l’on a pu porter à d’autres occasions.

mariage zéro déchet

Pas de cadeau

Deuxièmement, nous avons demandé à ne pas recevoir de cadeau. A nos yeux, la simple présence de nos invités était déjà le plus beau des cadeaux, l’essence même de la fête. Alors plutôt que de demander un présent matériel ou une contribution financière, nous avons demandé à chaque invité de venir avec une spécialité culinaire à partager et déguster ensemble: apéro, salade, dessert, vin… Nous nous ôtions en même temps la charge de devoir préparer tout un menu pour 15, même si nous avons quand même complété le repas avec une soupe, un Eintopf et des crêpes. Et un ingrédient s’est rajouté spontanément le dimanche: un soleil magnifique qui nous a permis de manger dehors un 16 octobre et qui en a ajouté à notre bonheur.

Mariage zéro déchet

Comme le but était de faire un mariage zéro déchet, la déco s’est limité à quelques tournesols cueillis dans le jardin et de jolies feuilles d’automne. Encore une fois, le superflu et le paraître n’étaient pas invités.

Évidemment, il n’y avait ni nappe en papier, ni vaisselle en carton, ni serviette jetable. Nous avions emprunté un peu de vaisselle pour compléter la nôtre, et proposé des serviettes en tissu faites maison. Et comme il n’y avait pas de cadeau, il n’y avait pas non plus d’emballage pour remplir notre poubelle. Au total, la fête n’a généré que quelques dizaines de grammes de déchets.

Le choix d’une alliance en bois​​

Autre choix crucial lors d’un mariage zéro déchet: l’alliance. En or ou en argent, l’alliance peut représenter la stabilité, la solidité, mais c’est aussi le signe que, quelque part sur Terre, des personnes ont risqué leur vie dans des mines, qu’il a fallu polluer ciel, terre et mer pour transformer des minerais en bijoux.

Il était hors de question que notre bonheur se fasse au détriment des autres. Alors nous avons choisi une alliance en bois, plus (éco)logique. Le bois, plus fragile, est aussi le symbole que notre Amour n’est pas acquis pour toujours et que nous devrons en prendre soin pour qu’il dure.

alliances en bois

Au final, nous avons passé deux journées magnifiques, entourés par les gens qu’on aime. Même si on n’a pas pu inviter tout le monde, nous ne regrettons pas d’avoir choisi la simplicité. Il est clair pour nous deux que, si c’était à refaire, nous ne changerions rien.


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commencer avec bocaux zéro déchet

Ma vie « zéro déchet »

Si on évaluait les sociétés aux déchets qu’elles produisent, on ne pourrait pas dire que la notre soit bien évoluée… Loin de suivre un mode de vie zéro déchet, un Suisse moyen produit 730kg de déchets par an. C’est autant que les Américains.

La raison à cela? Notre attachement inconscient aux objets qu’on possède. C’est comme si on était relié à tous ces objets par des fils imaginaires qui nous retiennent, nous entravent, et nous empêchent d’avancer librement. Simplifier ce qu’on possède permet de simplifier sa vie, et par extension de gagner du temps, d’être plus efficace, d’aller à l’essentiel dans ce qu’on entreprend.

mode de vie zéro déchet

Et c’est ce que propose le mode de vie zéro déchet. S’y mettre est relativement simple quand on appliquant la règle des 5R: Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Composter (rot en anglais). Cette règle a été remise au goût du jour par Béa Johnson, une Française résidant en Californie avec sa famille et qui réussit à produire 1L de déchets par an (voir leur poubelle annuelle ci-contre)!

1. REFUSER le superflu

Le déchet le plus facile à traiter est celui que l’on n’a pas produit

  • Dire « non » aux produits à usage unique ou ayant une durée de vie de quelques minutes : bouteilles, serviettes en papier, sacs plastiques, etc. Quand on demande à Béa Johnson pourquoi elle apporte ses bocaux vides et sacs en tissu au supermarché, elle répond simplement « J’ai pas de poubelle ».
  • Refuser les objets promotionnels, stylos, gadgets en plastique, babioles gratuites
  • Apposer un autocollant « stop pub » sur la boite aux lettres, renvoyer ou se désinscrire des courriers promotionnels nominatifs (idem avec les emails)
  • Refuser les cartes de visite. Souvent, on a déjà les coordonnées de la personne.
  • Demander vos factures et relevés par email (banque, assurances, électricité, téléphone, internet, etc)
  • Pour Noël ou les anniversaires, offrez des cadeaux dématérialisés, des cadeaux d’expérience plutôt que des objets: concert, activité, sortie, massage, soin, thé en vrac… En offrant du matériel, on incite les gens à nous offrir du matériel en échange. Soyez créatifs, offrez un livret de vos recettes maison, confectionnez quelque chose.

2. RÉDUIRE ce dont on a besoin

  • Remplacer les dizaines de produits ménagers (pour les WC, les robinets, le carrelage, la cuisine, le calcaire, les vitres, etc) par du vinaigre et du savon liquide. Voir mes recettes de « Tout-en-un » et de « Canard WC ».
  • Limiter sa garde-robe à ce qu’on met le plus souvent et donner ce qu’on garde « au cas où »! Dans un mode de vie zéro déchet comme celui de Béa Johnson, tout devrait rentrer dans un bagage à main. Pratique quand on veut partir en vacances…
  • Messieurs, utilisez un rasoir de sécurité et faites sécher les lames afin de les conserver plus longtemps. En fin de vie, les recycler avec les métaux.
  • Mesdames, utilisez une coupe menstruelle et des serviettes hygiéniques lavables
  • Utiliser du savon pour tout: corps, cheveux, lessive à la main…
  • Diluer des copeaux de savon dans de l’eau chaude en guise de produit vaisselle et de savon liquide.
  • Remplacer les disques démaquillants par des carrés en tissus lavables.
  • Remplacer le dentifrice par du bicarbonate de soude.

conserves zéro déchet

3. RÉUTILISER

Au lieu d’acheter des produits jetables, achetez réutilisable:

  • brosse en bois, chiffons en tissu et grattoir en acier à la cuisine
  • bocaux en verre au lieu des sacs de congélation.
  • laver et réutiliser vos verrines au lieu de les jeter.
  • faire des furoshiki pour emballer votre lunch, ou des cadeaux
  • donner à ses invités des serviettes en tissu lavables à la place des serviettes en papier. C’est psychologique: une serviette en papier, on la jette facilement ; une serviette en tissu, on la respecte et on ose moins la salir 🙂
  • apporter des sacs réutilisables au supermarché, éviter les sacs plastiques pour les fruits et légumes, mettre son pain dans une taie d’oreiller.
  • trouver les magasins qui vendent en vrac (magasins bio par exemple): céréales, pâtes, riz, légumes secs, lessive et produit vaisselle, thé/café, etc.
  • acheter d’occasion dans les magasins de seconde main ou sur internet (leboncoin, anibis, ricardo). Demander au vendeur d’envoyer la commande sans plastique, juste du papier/carton de récup.
  • Revendez ou donnez ce que vous n’utilisez jamais sur internet, dans les brocantes, gratiferias, magasins de seconde main, sites de vente en ligne
  • acheter de la qualité qui dure plus longtemps et peut être réparé
  • repérer les marques avec une longue garantie et faites les réparer si besoin.

4. RECYCLER

Il ne s’agit pas de recycler au maximum. Si on consomme moins, on a moins à recycler. Mais pour tout ce qu’on achète, préférer le bois (brosses à dent), le verre, le carton, le métal. Attention aux plastiques recyclables, ils sont souvent transformés en produits qu’on ne peut plus recycler (chaises de jardin, jouets, objets du quotidien).

5. COMPOSTER

  • Si vous achetez des fruits et légumes bio, pas besoin de les éplucher. Les épluchures représentent environ 10% du poids des légumes, et contiennent le plus de vitamines!
  • On peut aussi composter les mouchoirs en papier, le papier ménage, les ongles et cheveux, les coton-tiges en carton, etc.

Une vie plus simple, recentrée sur l’essentiel

En suivant ce mode de vie, ma femme et moi avons appris à nous contenter de l’essentiel et de se passer du superflu qui finit par remplir des tiroirs et des greniers. Notre budget a drastiquement diminué par rapport à avant et nous ne nous privons pas pour autant.Un Suisse moyen passe plus de 2h par jour devant la télé. Quelle perte de temps et d’énergie! Nous n’avons pas de télé, mais nous prenons le temps de cuisiner, de fabriquer nos produits, de bricoler, de jardiner. C’est plus équilibrant et gratifiant.

« Acheter, c’est voter »

On a un pouvoir en tant que consommateur : on l’appelle d’ailleurs le « pouvoir d’achat ». Lorsqu’on achète un bien, on encourage la production de ce bien. A nous de décider pour quel monde on veut voter: un monde de plastique ou sans emballage? Des produits importés ou des produits locaux? Du « tout jetable » ou du réutilisable?

On a également le pouvoir de proposer des alternatives. Par exemple, Béa a proposé à sa caisse maladie de remplacer les cartes d’assuré en plastique renouvelées tous les ans, par des cartes compostables en carton. La compagnie a suivi sa proposition et grâce à elle, des millions d’assurés américains ont une carte en carton dans leur porte-feuille.

Bilan

Depuis le 1e janvier 2016, j’applique au mieux cette technique. Résultat: nous avons produit à deux environ 12kg d’ordures ménagères. C’est 97% mieux que la moyenne suisse (200kg par personne et par an). Les résultats se voient vite et je conseille d’y aller petit à petit en commençant par ce qui est le plus facile et le moins contraignant.

Finalement, on jette sans réfléchir car la société nous l’impose. Un bon début est de se demander « comment éviter ce déchet? », puis de chercher une solution alternative pour l’éviter la prochaine fois.

Update: après 3 ans de mode de vie zéro déchet, voici notre bilan.

En savoir plus sur le mode de vie zéro déchet

La conférence de Béa Johnson

Si vous n’êtes pas encore convaincu, regardez cette vidéo (20 minutes). Béa Johnson vous convaincra peut-être mieux que moi:


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surfer écologique

Comment surfer écolo?

Les TIC (technologies de l’information et de la communication) ont une place centrale dans nos vies. Loin d’être immatériel, Internet pompe énormément de ressources. La consommation électrique liée aux TIC représente 10% de la consommation mondiale (8% en Suisse). Il est toutefois possible de surfer écolo et réduire son impact grâce à quelques gestes simples.

Problème n°1 – Le matériel

Nos outils sont composés de centaines de composants qui contiennent tous de l’énergie grise, soit l’énergie utilisée pour extraire les matériaux, les transformer en composants, assembler ces pièces en objets, en plus du transport à chaque étape. A cela s’ajoute l’obsolescence programmée, c’est-à-dire le fait que les fabricants conçoivent des objets ayant une durée de vie limitée pour que vous les remplaciez plus souvent.

« Chaque objet fabriqué péjore quelque part la vie sur Terre »

Lucien Willemin

En achetant toujours de nouveaux modèles de téléphone ou d’ordinateur, on empoisonne les sols, on pollue l’air et les océans et on encourage les industriels dans leur démarche. Alors comment réduire son impact?

Premièrement en faisant durer son matériel le plus longtemps possible. Résister à la mode du plus beau, du plus récent, et du plus sophistiqué est un acte responsable. Pourquoi avoir honte de posséder un vieux téléphone? Au contraire, soyez fier de préserver la planète et ses ressources.

surfer écologique

Deuxièmement, faites les réparer lorsqu’ils tombent en panne. Parfois, il suffit juste de changer un composant, une batterie, une barrette de mémoire pour prolonger leur durée de vie. Enfin, achetez d’occasion. Certains sites (labonnecombine.ch, itopie.ch) proposent des appareils professionnels remis à neuf, avec une garantie de 12 mois. D’autres, comme Why Open Computing vendent des ordinateurs conçus pour durer plus de 10 ans.

Problème n°2 – L’utilisation

On pense à tort qu’internet est virtuel et donc écologique. Or, les données stockées en ligne existent bel et bien quelque part, sur des serveurs qu’il faut alimenter, réfrigérer sécuriser. Chaque requête sur Google émet 7g de CO2, soit autant que pour bouillir 1L d’eau. Pour éviter cela, on peut par exemple utiliser google.ch plutôt que .com, car la recherche sera plus locale et n’aura pas à faire 10x le tour du monde pour afficher un résultat. On peut aussi utiliser un moteur de recherche écologique (Lilo, Ecosia, Blackle).

Encore mieux, tapez l’adresse du site directement dans la barre d’adresse plutôt que de passer par une recherche Google, ou utilisez les marque-pages (bookmark).

Enfin, débranchez les chargeurs s’ils ne sont pas utilisés, éteignez les appareils la nuit, réglez les paramètres d’affichage et de mise en veille, et éviter de travailler sur batterie.

Problème n°3 – Le cloud

Le constat est le même pour le « cloud », ce nuage bien physique qui contient toutes vos données numériques synchronisées (musique, photos, vidéos, emails, e-banking, etc.). Un bon conseil pour surfer écolo est de faire du tri dans ces données, de nettoyer vos comptes Youtube, Apple, Facebook et compagnie car tout est stocké au moins à double, en cas de panne d’un serveur. Faites du tri dans votre boite mail, désinscrivez-vous systématiquement des e-mails promotionnels. Pour les échanges de données, limitez les pièces jointes et préférez un lien (comme SwissTransfer) pour l’envoi de fichiers volumineux, surtout si vous en envoyez à plusieurs destinataires. En appliquant toutes ces petits réflexes, vous pouvez contribuer grandement à réduire votre impact environnemental. N’oubliez pas que chaque geste est une goutte d’eau qui compte dans l’élaboration d’un monde plus propre.


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loi d'attraction

Loi d’attraction: il suffit de demander

Imaginez que vous pouvez obtenir tout ce que vous voulez, rien qu’en le demandant à l’Univers. Que demanderiez-vous? Y croyez-vous? En tout cas, ceux qui utilisent cette technique en sont convaincus: lorsqu’on formule une demande concrète, positive et en accord avec soi-même, on peut obtenir ce que l’on souhaite au plus profond de soi.

Comment utiliser la loi d’attraction?

L’Univers, Dieu, la Vie… peu importe le nom. Il suffit de formuler clairement votre demande en respectant quelques règles:

  • Formuler des phrases positives. L’univers n’entend pas les négations. Si vous projetez de changer de travail, ne demandez pas « je ne veux surtout pas travailler dans ce secteur », mais formulez plutôt ce que vous voulez: « Je veux vraiment travailler dans telle entreprise et accéder à tel poste ».
  • Soyez précis dans votre demande. N’hésitez pas à donner un cahier des charges précis, à faire une liste des caractéristiques de ce que vous voulez.
  • Prononcez-le à voix haute, clairement, que ce soit dans la nature, dans votre salle de bain ou en voiture. Réfléchissez avant à ce que vous voulez demander. Encore mieux, écrivez-le.
  • Soyez sûr de vous, convaincus que vous allez y arriver, que vous le méritez et que rien ne vous arrêtera.
  • Visualisez-vous dans cette situation, et posez un sentiment positif (joie, bonheur, bien-être, gratitude) sur cette visualisation.
  • Remerciez l’Univers pour ce que vous avez déjà et l’aide qu’il va vous apporter.
  • Restez concret. C’est à vous de faire le premier pas, de vous lancer, d’entreprendre les démarches. Si ce que vous faites est juste et cohérent avec vous-même, tout s’arrangera pour que vous parveniez à votre but.

On peut aussi activer la loi d’attraction en écrivant sa demande sur une feuille ou en la dessinant. Dans tous les cas, n’hésitez pas à rentrer dans les détails, même si cela vous parait impossible. Qui ne tente rien n’a rien.

« On récolte ce que l’on sème »

Que l’on croie ou pas à cette loi d’attraction n’est au final pas si important. Le seul fait de formuler clairement et de façon positive ce que l’on veut permet de focaliser l’attention sur cet objectif. Il est certes bien plus facile de se concentrer et de se lamenter sur ce qui ne va pas, mais cette stratégie n’a jamais apporté plus de bonheur.

On récolte ce que l'on sème

Au contraire, s’enferme dans le négatif attire toujours plus d’expériences et de gens négatifs, et c’est même contagieux pour votre entourage. Chaque jour, nous attirons inconsciemment les situations et les personnes qui reflètent nos sentiments profonds.

Être positif, constructif, actif, demande certes un effort, mais cela forge une motivation et un mental solide qui ne vous feront pas plier au premier petit obstacle, et attireront à vous le succès, la confiance et les bonnes opportunités.

Alors semez des graines positives en vous, et elles finiront par germer si vous croyez en elles et que vous en prenez soin.

Pour en savoir plus:


Serre poulailler permaculture

La permaculture pour les nuls

En quelques années, le terme « permaculture » est devenu omniprésent dans le discours des jardiniers amateurs, paysagistes, designers, architectes, écologistes, etc. Mais que se cache-t-il derrière ce mot magique?

Le terme « permaculture » signifie « culture de la permanence » ou « agriculture permanente ». C’est en fait une méthode de conception (on parle de design) d’écosystème autonome, stable et résilient. Le but étant de produire de la nourriture. J’insiste sur ces adjectifs, car un potager classique est tout sauf un système stable. Il faut semer chaque année, arroser régulièrement, protéger les cultures, etc. Un travail considérable quand on pense qu’une forêt produit 500 fois plus de biomasse qu’un potager, et ce sans pesticide, sans engrais, sans pétrole, sans arrosage. L’idée est donc d’observer la nature afin de s’en inspirer.

Une philosophie à appliquer partout

Loin des monocultures de maïs, de thuya ou de gazon, le permaculteur vise une biodiversité maximale. Pas besoin d’avoir une grande propriété pour appliquer ces principes, au contraire. On peut cultiver sur un balcon, une fenêtre, un trottoir, dans une cour de copropriété, un parc municipal ou à très large échelle comme l’a fait John Liu sur le plateau du Loess.

permaculture plateau du loess

Quelques techniques de permaculture pour les nuls

La permaculture est bien plus qu’une liste de techniques. C’est une philosophie, une attention particulière à favoriser la biodiversité, à optimiser les ressources du lieu, et à produire en abondance. Mais voici quand même quelques techniques souvent rencontrées:

Food Forest (ou jardin-forêt)

C’est mon rêve ! Imaginez: un verger d’arbres fruitiers de toutes sortes. Au pied des arbres, il y a des arbustes (groseille, cassis, framboise, rhubarbe), puis une couverture de sol avec des légumes vivaces, des herbes aromatiques, des fleurs comestibles (soucis, capucine, bourrache), des fraises, de la menthe…

étages végétation

Et ce n’est pas fini: des lianes courent dans les branches des arbres: haricots grimpants, vigne, kiwi, courges. De cette manière, toute l’énergie gratuite qui tombe sur chaque centimètre carré de votre terrain est transformée en biomasse par la photosynthèse. Enfin, dans les haies, on trouvera plusieurs essences d’arbres comestibles.

Couverture de sol

Dans un jardin, la terre ne devrait jamais être à nu. Avez-vous déjà vu un sol nu dans la nature? Non, ça n’existe que dans les déserts. Un sol vivant a toujours un tapis (végétation, feuille mortes) qui protège le sol du soleil (UV, sécheresse) et des intempéries (lessivage). En permaculture, le sol est un système vivant qui nous nourrit et dont on doit prendre soin. Paillage, résidus de tonte ou BRF (Bois Raméal Fragmenté) – sans oublier un semis d’engrais vert en hiver (légumineuses, céréales) – évitent le lessivage des nutriments et épargnent des corvées de désherbage.

Partage équitable de la production

Toutes ces techniques permettent de produire une grande quantité de nourriture. Le partage des surplus est un des principes de la permaculture, y compris avec la faune sauvage ou domestique qui rend des services incroyables. Les oiseaux qui ont régulé les populations d’insectes, les guêpes qui ont pondu dans les chenilles envahissantes, l’incroyable faune du sol qui a produit un terreau fertile, les poules qui amendent le sol et mangent les larves de limaces, les insectes pollinisateurs, et j’en passe. Tout ce petit monde n’est rien d’autre que des ouvriers avec qui il est normal de partager 5 ou 10% de sa production.

Serre poulailler permaculture

Le design en permaculture

C’est la clé de la perma. On ne plante pas n’importe quoi n’importe où à l’improviste. Chaque élément remplit plusieurs fonctions (au moins 3) et chaque fonction doit être assurée par plusieurs éléments. Par exemple, la poule produit des œufs, nettoie le sol et le fertilise avec ses fientes : 3 fonctions. Un pommier produit des fruits, sert de tuteur pour des haricots grimpants, de support pour un hamac, et fournit une litière à l’automne: 4 fonctions.

Observer avant d’agir

Il est primordial de passer un maximum de temps à observer, analyser, réfléchir, trouver des idées, en discuter à plusieurs, avant de se lancer. On entend souvent dire « 10 heures de réflexion pour 1h de travail physique ». Ainsi, un vrai design écologique et holistique, permet d’économiser ses forces et d’éviter les mauvaises surprises. La nature prend son temps pour arriver à un système stable. Il convient donc d’agir comme elle et de garder en tête cette citation:

«On ne commande à la nature qu’en lui obéissant.»

Francis Bacon, Novum organum, 1620

Viser l’autonomie alimentaire

Biologiquement parlant, nous sommes des animaux et notre premier besoin vital est de manger. Or, les grands circuits de distribution nous vendent de la cochonnerie dévitalisée qui coûte cher ou du « bio » qui a fait des centaines de kilomètres en camion frigorifiques. Produire et consommer local évite des transports coûteux et polluants. Les nutriments sont mieux préservés lorsqu’ils sont consommés rapidement. L’économie locale permet de créer des emplois et de garder des savoirs-faire.

Le permaculteur se pose toujours la question: qu’est-ce que je peux faire? Très souvent, la réponse réside dans le problème. Il s’agit de faire avec ce qui existe, et non contre. Construire le monde de demain ou se battre contre le système actuel.

A partir de là, d’autres questions se posent : Pourquoi planter une haie de thuyas autour de chez soi (c’est moche et niveau biodiversité, c’est proche du zéro absolu) si on peut produire de la nourriture (noisetier, sureau, baies de Goji, cornouiller, physallis, églantier, chèvrefeuille, arbousier, figuier, etc.)?

spirale permaculture

Pourquoi avoir des plantes tropicales dans son appartement (aucune n’est comestible) ou des géraniums sur son balcon alors qu’on peut cultiver des fleurs que l’on peut manger ou faire en tisane: soucis, thym, ciboulette, persil, romarin, bleuet, lavande, sauge, échinacée, camomille, passiflore. Pourquoi les villes plantent des cerisiers à fleur en bas de chez moi alors qu’un cerisier classique fait non seulement des fleurs, mais aussi des fruits délicieux?

La permaculture est l’avenir de l’agriculture

La permaculture n’a rien inventé de nouveau, car le modèle des permaculteurs existe depuis toujours, c’est la nature. Le système agricole actuel n’est pas viable: basé sur la chimie et le travail mécanique, il est extrêmement énergivore, dépendant des engrais et des pesticides, et il tue les sols qui s’érodent et deviennent sensibles aux maladies. Quant à l’agriculteur, il est passé du petit paysan avec ses savoir-faire à un exploitant qui, comme son nom l’indique, est là pour exploiter une ressource au maximum en étant totalement déconnecté des rythmes naturels, des cycles de l’azote, du carbone et de l’eau, de la fragilité de la nature, du respect du vivant et des interactions entre les éléments.

Il faut du temps pour changer de modèle et maitriser ces concepts de permaculture. Mais chacun, à son échelle, a la responsabilité et la possibilité d’apporter sa pierre à l’édifice, de faire sa part. C’est à mon avis un travail nécessaire.

« Bien que les problèmes du monde soient d’une complexité croissante, les solutions restent d’une simplicité déconcertante. »

Bill Mollison, fondateur de la permaculture

Comme Bill Mollison, je suis d’avis qu’on peut résoudre tous les problèmes du monde dans un jardin: la sécurité alimentaire, la santé, la pollution, la biodiversité, avec en prime le plaisir et la satisfaction de cultiver des plantes soi-même.

Ça ne coûte rien d’essayer : récupérez et échangez des semences, commencez petit, et surtout faites ce qu’il vous plait. Si vous aimez les fleurs, cultivez des fleurs, si vous aimez les animaux, mettez 2 poules dans votre verger. Une fois que vous aurez commencé, plus rien ne vous arrêtera.

Pour aller plus loin, vous pouvez regarder sur internet les vidéos suivantes:


citations écologie environnement planète

6 citations pour changer le monde

Tu es pessimiste? Résigné? Tu te sens mal à l’aise dans cette société? Tu veux que les choses changent? Changer le monde tout seul est un peu prétentieux, mais tu as le pouvoir (le devoir?) de faire ta part pour changer les choses à ton échelle. Voici quelques citations pour démarrer:

« Be the change you want to see in the world »

Gandhi

Si tu veux changer le monde, commence par incarner toi-même le monde dont tu rêves. Montre à ton entourage qu’une autre voie est possible. S’opposer c’est bien, proposer c’est mieux, prouver c’est encore mieux! D’abord, c’est quoi ton monde idéal?

« Fais ce que tu peux, là où tu es, avec les moyens du bord »

Roosevelt

Ton mantra doit être « penser global, agir local ». N’attends pas d’être riche ou Président des Etats-Unis. Agis dès maintenant en tant que citoyen, consommateur, électeur, parent, collègue, employé. Que peux-tu faire à ton échelle ici et maintenant?

« La simplicité est la sophistication suprême »

Leonard de Vinci

Laisse tomber le superflu, les masques, les apparences. Sois toi-même et focalise tes besoins sur l’essentiel. On peut faire mieux avec moins. As-tu besoin de tout ce que tu possèdes et achètes?

« Les petits ruisseaux font les grandes rivières »

Ovide

Changer le monde et inventer demain commence aujourd’hui. A toi d’apporter ta pierre à la construction du monde que tu souhaites. Que veux-tu apporter à ce monde?

« Aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie »

Victor Hugo

Le temps passe vite. Ne reportes pas à demain ce que tu pourrais commencer aujourd’hui. Et si tu devais mourir demain?

« Aide-toi et le ciel t’aidera »

Il t’appartient de faire le premier pas et peut-être de bousculer tes habitudes. Mais le changement commence par se changer soi. Ensuite, le reste vient naturellement.

La légende du colibri

Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le colibri s’activait, allant chercher de l’eau pour la jeter sur le feu, goutte par goutte. Le tatou, agacé par son agitation, lui dit: “Colibri ! Tu n’es pas fou? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu!” Et le colibri lui répondit: ”Je sais, mais je fais ma part.”

légende du colibri - changer le monde