zero waste lifestyle

Les dérives du business zéro déchet

L’écologie est la nouvelle tendance, et qui dit mode dit business. Plutôt que de chercher à réduire notre consommation pour préserver notre petite planète, le business zéro déchet a trouvé des alternatives soit-disant vertes à tous nos besoins. L’important est de continuer à vendre tout et n’importe quoi.

1. La gourde en inox

L’alternative aux bouteilles en plastique (qui diffusent des molécules toxiques dans la boisson), c’est d’avoir des matériaux stables et inertes. Alors vendons des gourdes en verre et en inox, avec un petit emballage en carton recyclé, un logo vert et un argumentaire écolo pour justifier le prix exorbitant. Ça se vend comme des petits pains. Ce n’est pas comme si les bouteilles en verre n’existait pas. On en achète assez souvent pour en trouver une pratique à réutiliser. Personnellement, j’ai une bouteille de jus de fruit Biotta depuis 2 ans, je la lave régulièrement, et j’ai remplacé le bouchon alu par un bouchon de Rivella en plastique qui ne s’oxyde pas (« bouuuh, le plastique c’est mal »).

gourde inox: zéro déchet?
brosse à dent bambou: zéro déchet?

2. La brosse à dent en bambou

Oh my God, c’est tellement green! Les brosses en bambou sont certes biodégradables, mais les poils sont souvent en nylon. Donc non biodégradable. A la fin, qui fait vraiment l’effort de casser la brosse à dent pour jeter le bois au compost et le reste à la poubelle?
Enfin, leur durée de vie est plus courte.

Personnellement, j’ai la même brosse à dent en plastique (« re-bouuuh ») depuis 2 ans. Elle n’est pas usée et je refuse de me plier au lobby bucco-dentaire qui préconise d’acheter (et jeter) 4 brosses par an. D’après mon expérience (ma femme et ma fille en ont eu), les brosses à dent ont duré à peine 2-3 mois avant que les poils se plient et puis ciao. Donc autant garder sa brosse en plastique et en prendre soin.

Enfin, même en faisant du « zéro déchet », ma famille de 3 produit 40kg d’ordures ménagères par an. Ma brosse à dent pèse 10 grammes. Même en la changeant tous les ans, cela représenterait 0.1% de mes déchets. Il y a d’autres leviers plus efficaces pour réduire ses déchets, croyez-moi!

3. Les cosmétiques sans cochonneries

Vive le shampooing sans paraben pour prendre soin de mon corps. Vraiment? Côté face de l’étiquette et en gros caractère, tout ce qu’il n’y a pas: « sans paraben, sans colorant… ». Côté pile et en tout petit, ce qu’il y a vraiment dedans, car c’est la loi. Mais l’étiquette est l’arbre qui cache la forêt, une combine pour continuer à vendre des cochonneries dont on peut se passer en simplifiant.

Gel douche, shampooing, savon liquide, produit vaisselle: tous contiennent de l’eau comme ingrédient principal. Qui dit eau, dit potentiel nid à bactéries, dit besoin de conservateurs et de biocides pour empêcher ces cochonneries de se développer dans le flacon, et dit aussi pollution des eaux et intoxication de notre peau.

Ma solution: se laver le corps à l’eau (sans savon, ou en tout cas beaucoup moins souvent) permet de préserver notre film hydrolipidique et l’équilibre de notre peau. Et on ne pue pas plus, promis! Pour les cheveux aussi, essayez la méthode no poo (pas encore testé).

tote bag: zéro déchet?

4. Les sacs en tissu et tote bags

« Mais il a toujours un truc à redire, celui-là! » 😉 Pas que je sois contre les sacs en tissu et tote bags, mais ayons juste en tête que l’énergie grise d’un sac (c’est-à-dire l’énergie nécessaire à sa fabrication) est plusieurs centaines de fois supérieure à celle d’un sac en papier. S’il vous arrive d’utiliser des sacs en papier, il est aussi possible de les réutiliser plusieurs fois.Des alternatives: utilisez des chutes de tissu pour fabriquer vos propres sacs. Ou encore faites vos courses en vrac avec des tupps.

5. Les pailles réutilisables

Voilà un sujet populaire. L’interdiction des pailles en plastique est une bonne chose. Mais est-ce plus écologique d’en acheter en carton ou en inox? Je ne crois pas. Avant d’acheter une paille en inox avec l’écouvillon et l’énergie grise qui va avec, posons-nous la question: ai-je besoin d’une paille? Non? Alors on la laisse en rayon et on se simplifie la vie.

Les pailles inox: zéro déchet?

tasse carton

6. Les trucs compostables

Si c’est à usage unique, c’est-à-dire jetable, ce n’est pas durable, par définition. Serviette compostable: est-ce vraiment indispensable? Gobelet en carton compostable: pareil. Dans le gobelet en plastique, le problème n’est pas le plastique, c’est le concept de gobelet qu’on peut souvent remplacer par un verre lavable, une tasse, etc.

7. Le bee wrap

C’est un DIY (abréviation de do it yourself, soit quelque chose qu’on fabrique soi-même) incontournable pour quiconque passe au zéro déchet. Constitué de tissu en coton et de cire d’abeille, il offre une alternative intéressante au film alimentaire en plastique. Si le tissu peut être une simple chute de récup’, la cire d’abeille n’est pas si abondante que ça.

bee wrap

Utiliser un bee wrap est donc intéressant si on l’utilise des dizaines ou des centaines de fois. Mais comme ça peut moisir assez vite, autant avoir un film ou un sachet en plastique (type sac de congélation) qu’on peut laver plus facilement. Le plastique a aussi des avantages qu’il serait dommage de nier. Et bien sûr, plus on les réutilise souvent, plus on diminue l’impact par utilisation.

Conclusion

J’ai peut-être la critique facile contre tous ces trucs wanna be écolo, mais principalement car on oublie de considérer l’impact qu’ils nécessitent pour leur fabrication, leur transport, leur emballage, leur stockage, etc. Le principe est toujours le même: refuser ce dont on n’a pas besoin, et faire durer ce qu’on possède le plus longtemps possible, en prenant soin, en réparant, et en réutilisant à l’infini.


expérience zero waste

Notre expérience « zéro déchet » après 3 ans

Loin, très loin des idées reçues, notre expérience zéro déchet de 3 ans s’est avérée être une réussite, une période riche en expériences, en (ré)apprentissages, et un moyen efficace et durable de faire des économies tout en préservant vraiment les ressources de la planète.

Bilan de nos poubelles

Les résultats parlent d’eux-mêmes : alors qu’un Suisse moyen produit 200kg d’ordures ménagères par an, nous avons réussi, dès la première année à diviser par 25 cette quantité, avec 8kg par personne en 2016, déménagement compris.

En 2017, l’arrivée de notre fille a perturbé notre routine. Malgré l’accouchement à la maison, les couches jetables des premières semaines et quelques travaux dans la maison, nous sommes restés à 18kg par personne, soit 10 fois moins que la moyenne. Pour être tout à fait honnête, il faudrait aussi compter une centaine de kilos liés aux vieux meubles de cuisine que nous avons apporté en déchetterie. Même en comptant ces 100kg, cela fait un total de 53kg : c’est encore 4 fois moins que la moyenne.

couches lavables

En 2018, nous nous sommes stabilisés à 12kg chacun, dont une bonne moitié sont les couches jetables que nous utilisons la nuit pour notre fille. Nous avons de la marge pour en arriver au bocal de Béa Johnson, mais c’est l’équilibre que nous avons trouvé pour l’instant.

Recycler moins

recyclage

Moins de déchets, c’est aussi recycler moins. Nous avons pesé verre, carton, papier, métaux et autres matières recyclables pendant deux ans pour tenter de vérifier cette maxime, chiffres à l’appui. Alors qu’en Suisse, on recycle 230kg de matières par personne, nous avons pesé 28kg chacun en 2017 (-88%), et 22kg en 2018 (-90%). Pourquoi ces chiffres ? Car il ne s’agit pas remplacer le plastique par le carton, mais bien d’éviter toute forme de déchet en amont. Gardez à l’esprit que le recyclage pollue aussi beaucoup et qu’il n’est pas une solution viable à long terme. D’où l’intérêt de refuser, réduire et réutiliser lorsque c’est possible, avant de chercher à recycler.

Comment réduire ses déchets?

Il y a beaucoup d’astuces pour produire moins de déchets :

  • acheter le strict nécessaire, donner ou vendre ce qu’on n’utilise plus
  • acheter d’occasion
  • consommer local (ferme, marché, petits commerces) en apportant ses contenants
  • faire ses produits ménagers et cosmétiques
  • faire durer le matériel, privilégier la qualité, réparer
  • vendre ou donner ce qu’on n’utilise plus

Au fur et à mesure de notre expérience zéro déchet, on s’est rendu compte que les a priori que nous avions au départ se sont progressivement évanouis les uns après les autres. Voici un petit florilège d’idées reçues (à tort) sur le mode de vie zéro déchet.

Idée reçue #1 : « C’est plus cher »

Faux. Tout dépend de ce qu’on compare. Si on compare le prix de certains aliments industriels avec leur équivalent bio, local et sans emballage, effectivement cela revient un peu plus cher. Mais si on regarde la globalité du budget familial, on constate une baisse significative, et ce pour plusieurs raisons:

  • Inclut-on aussi dans le budget alimentation les restos, les sucreries achetées au distributeur, le café à l’emporter du matin? Chez nous, les restos sont une exception et nous avons simplement appris à résister à l’appel du tout-prêt emballé inutilement.
  • Acheter dans une épicerie bio-vrac permet d’échapper aux tentations du marketing et des actions promotionnelles. On achète rarement plus que ce qui est sur la liste de course. En outre, si vous souhaitez faire attention à votre alimentation, sachez que c’est au supermarché que ça se joue. Une fois le Nutella dans le placard, vous pouvez résister un jour, une semaine, un mois, vous finirez par le manger. Vous pouvez vous motiver en participant au défi « Février sans supermarché« .
  • Le zero waste, c’est d’abord se satisfaire de ce qu’on a. Les soldes, les Black Friday, les commandes en ligne: tout ceci vous fait croire que vous économisez, alors que vous ne cessez de dépenser toujours plus.
  • En faisant vos cosmétiques et vos produits ménagers, vous faites des économies, prenez soin de votre peau, et détoxifiez votre maison.
  • A l’origine, le zéro déchet n’était pas notre objectif. Un de nos premiers pas (inconscient) vers le zéro déchet a été de s’abonner à un panier de légumes bio, locaux et de saison. Ce que nous pensions être plus cher s’est révélé l’inverse: nous avons cuisiné davantage, et même préparé de quoi remplir deux Tupperware à emporter le lendemain. Et manger sain, c’est un critère de bonne santé. Trouvez un producteur près de chez vous (Réseau des AMAP en France, Fédération des ACP en Suisse)
  • Un autre bon moyen d’économiser est d’acheter d’occasion: friperies, trocs, brocantes, internet, on trouve beaucoup de choses pour pas cher.

Des économies bien concrètes

Résultat : notre budget est deux fois plus petit que le budget moyen d’un ménage suisse, ce qui nous a permis de réduire notre temps de travail pour se consacrer à des choses plus importantes. Tout est une question de choix: où investit-on son argent, son temps, son énergie? Dans les supermarchés, dans un monde de consommation de masse qui nous empoisonne à petit feu? Ou dans une économie alternative qui privilégie l’essentiel, la tempérance, la qualité, la préservation des ressources?

Idée reçue #2 : « C’est contraignant »

Faux. Certes, cela demande un peu d’énergie et de réflexion au début pour trouver les bonnes adresses, les bonnes recettes, les bonnes astuces. Mais c’est avant tout une histoire d’organisation. Faire ses courses n’est plus la contrainte stressante du samedi matin.

  • Faire ses produits ménagers prend très peu de temps. Lors des ateliers que j’anime, la partie pratique excède guère 1h et les participants inexpérimentés fabriquent 4 ou 5 produits. Et encore, sans l’inertie du groupe et avec un peu d’expérience, on peut faire tous ses produits pour six mois en environ 30 minutes (soit l’équivalent d’un petit épisode Netflix).
  • On dit toujours manquer de temps, mais avez-vous déjà calculé le temps quotidien passé sur votre smartphone, la TV ou internet? Un Suisse moyen, c’est plus de 2h par jour devant la TV. Je n’ai ni TV ni smartphone, ce qui me libère du temps pour des choses plus intéressantes et utiles.
  • Si on attend d’avoir du temps pour faire quelque chose ou changer une habitude, on ne le fait jamais.
  • Il faut 30 jours pour changer une habitude, c’est scientifiquement prouvé. Si vous faites un petit effort pendant un mois, cela devient une habitude. Et qui dit habitude dit réflexe, automatisme.

Idée reçue #3 : « On ne peut jamais arriver à zéro déchet »

Vrai. J’admets volontiers le caractère un peu usurpateur de l’expression « zéro déchet », car on n’y arrivera probablement jamais. Cependant, si certaines familles produisent des tonnes de déchets alors que d’autres arrivent à en produire un litre par an, je me suis rendu compte qu’il y avait de la place entre ces deux extrêmes, et un juste milieu à trouver. Mais j’ai surtout eu la preuve que c’était possible de faire beaucoup mieux. Alors zéro déchet n’est peut-être pas la meilleure expression, mais je trouve utile d’avoir cette vision comme ligne d’horizon. Ne dit-on pas que l’utopie d’aujourd’hui est la réalité de demain ?

Idée reçue n°4 : « Le zéro déchet ne changera pas l’état de la planète »

Faux. Je trouve stérile de mettre la faute sur les politiciens, les multinationales, les supermarchés, les Chinois ou « les gens » qui ne font pas ce qu’il faut. Au contraire, quand on critique un système, on l’alimente. Certes les politiques et les industriels ont un rôle à jouer. Mais à l’évidence, on ne peut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre (dixit Einstein). Et on n’a pas inventé l’ampoule en modifiant la bougie (encore Einstein). Le modèle entier est corrompu, perverti, toxique. Il s’agit de l’ignorer et de construire un modèle alternatif à côté, sans haine ni violence. Il ne faut pas confondre apporter sa pierre et jeter des pavés, créer et détruire, alimenter et laisser crever. Le système actuel n’est pas durable et il s’éteindra tout seul au fur et à mesure que le nouveau grandira.

Prenez plutôt modèle sur ceux qui arrivent à faire les choses autrement. Renseignez-vous sur les alternatives en terme d’alimentation, de santé, de mode de vie, de philosophie de vie. Je suis intimement convaincu que la somme des petits gestes a un impact décisif sur le long terme. Ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grands fleuves ?

Réduire son empreinte carbone avec le zéro déchet

Le zéro déchet est un excellent moyen de réduire son impact sur la planète car il permet de réfléchir sérieusement sur son mode de vie, de remettre en cause ses habitudes les plus polluantes, pas à pas, à son rythme, en commençant par ce qui paraît le plus facile. Le zéro déchet est en fait un exercice de simplification de notre vie.

Notre expérience zéro déchet a démontré que les idées préconçues sont en fait colportées par des personnes n’ayant jamais essayé. Faites-vous donc plutôt conseiller par ceux qui ont une expérience à partager et des leçons à en tirer. De notre côté, les résultats sont là et cette voie nous paraît aujourd’hui comme une évidence.


Pour en savoir plus:

couches lavables

Couches lavables: l’alternative gagnante aux Pampers

Les idées reçues sur les couches lavables sont nombreuses. Pourtant, économiquement et écologiquement, elles sont une alternative avantageuse aux Pampers. Mon expérience a révélé encore d’autres avantages.

Avantage financier

Tout d’abord, utiliser des couches lavables coûte moins cher. L’investissement de départ pour acheter un set de couches est vite rentabilisé. Comptez CHF 300.- à 500.- pour un kit complet, et même moins si vous en trouvez d’occasion. Alors qu’en 2 ans et demi, un bébé consomme 4’500 couches jetables, soit un coût moyen de CHF 2’000.-. Et ceci sans compter les lingettes que nous avons remplacé par des lingettes lavables fabriquées avec une serviette de bain. En plus, les couches lavables peuvent être réutilisées pour un 2e bébé, ou revendues facilement sur internet. Le coût de départ est donc très vite amorti.

Consommation d’eau et d’énergie

Certains prétendent qu’il serait plus énergivore de laver des couches réutilisables que de produire des couches jetables. Mon expérience montre que c’est faux. Je relève ma consommation d’eau et d’électricité chaque mois et ma consommation n’a pas augmenté à cause des couches (voir graphique). Cela est principalement dû au fait que nous lavons les couches à 40°C (plus rarement à 60°C) et que nous les séchons à l’air (nous n’avons pas de sèche-linge).

impact écologique couches lavables

Bilan écologique des couches

L’avantage en terme d’énergie grise, d’empreinte eau et d’émissions carbone est très clairement en faveur des couches lavables. Pour être fabriquée, une seule couche jetable nécessite une tasse de pétrole brut. Puis elle doit être incinérée (avec le pipi-caca) après 3 heures d’utilisation, générant toutes sortes de pollutions: dioxines, gaz à effet de serre, cendres toxiques, etc.

Bébé plus propre

Voyons les choses du bon côté: avec les couches lavables, le bébé assimile mieux la sensation de mouillé au fait d’uriner et prend conscience très tôt de ses mictions. Il cherchera donc à être plus propre plus vite. D’ailleurs, notre fille a arrêté de faire caca dans sa couche à 4 mois et demi. Dès qu’elle commence à pousser, on la tient au-dessus du pot et elle fait le reste du travail. Elle est fière d’utiliser le pot et est devenue propre (le jour) à 18 mois. Pour la dignité, la propreté du bébé, je recommande la méthode « sans couche », en complément des couches lavables.

Meilleur pour la santé de bébé

Les couches jetables contiennent des matières synthétiques qui sont en contact 24/24h avec la peau de votre bébé. Avec les couches lavables et en utilisant un liniment (qu’on fabrique en mélangeant à part égales de l’huile d’olive et de l’eau de chaux), les fesses sont moins irritées et il y a moins de risques d’allergies qu’avec des jetables.

Doit-on utiliser des couches lavables en permanence?

Évidemment non. Il faut trouver le bon compromis, mais cela vaut le coup d’essayer. Malgré quelques accidents dus à des erreurs de parents débutants, nous avons rapidement adopté ces couches lavables, tant elles sont pratiques et efficaces. Jusqu’à 18 mois, nous avons utilisé une couche jetable pour la nuit, car elles sont plus absorbantes et permettent de tenir 10 à 12h, ce qui est plus compliqué avec des couches lavables.

Quel modèle de couches lavables choisir?

C’est peut-être le plus compliqué au début quand on n’y connait rien. Il y a un choix énorme de couches, mais les modèles se divisent en 3 groupes:

g diapers
  • les tout-en-1 (TE1), moins pratique car il faut à chaque fois tout laver (surcouche et insert). Elles sèchent moins vite et sont plus encombrantes pour le bébé. Certaines ont une poche où l’on peut insérer un insert, ce qui permet de sécher moins longtemps.
  • les tout-en-2 (TE2), qui permettent de réutiliser la surcouche et de changer seulement l’insert mouillé. ​​Cette solution est meilleur marché, le séchage est plus rapide, et nécessite moins de machines. Au début, nous avons utilisé juste une surcouche étanche avec des langes classiques, à l’ancienne, en utilisant une technique de pliage toute simple.​​
  • les tout-en-3 (TE3), comme une T2, sauf que la surcouche est la poche plastique se séparent. Malgré le fait qu’elles n’existent pas en taille unique (il faut donc acheter un peu plus de surcouches), c’est celles que nous préférons (notamment les gDiapers) car elles sont plus pratiques et légères, plus faciles d’entretien et elles ne fuient pas!

​​Tous ces modèles se déclinent en marques, couleurs, styles et matériaux différents. Vous trouverez pléthore d’informations à ce sujet sur le web.

couches lavables

Le lavage des couches lavables

C’est probablement ce qui rebute le plus les parents. Étant principalement responsable de cette tâche, je n’ai jamais trouvé cela pénible ou fastidieux. Il suffit de rincer les couches sales rapidement sous l’eau froide. En cas de caca, je gratte le plus gros au-dessus des toilettes avec une cuillère, puis je frotte la couche sous le robinet avec une vieille brosse à dent. Puis on les stocke dans un seau jusqu’à ce que celui-ci soit plein, et on lance une machine à 40°C avec un programme normal (tous les 4 jours environ). Pendre les couches (au soleil, car les UV blanchissent les taches) et les plier prend seulement quelques minutes par semaine. Tout est une affaire de choix. Nous n’avons ni TV ni smartphone, ce qui nous permet d’utiliser notre temps autrement.

Conclusion

Loin d’être un truc pour bobo hippies, les couches lavables sont devenues pour nous une évidence face au gaspillage des couches jetables. Il suffit d’essayer en louant un kit d’essai. Et rien n’empêche de les utiliser seulement de temps en temps, en alternance avec les Pampers. Sachez en tout cas que vous pourrez les revendre aisément si cela ne vous convient pas. Mais vous êtes prévenu(e): essayer les couches lavables, c’est les adopter!

couches lavables

Pour louer des kits d’essai et recevoir des conseils de pro, contactez mon épouse sur stoffwindelfieber.ch

Pour en savoir plus sur le zéro déchet, participez à un de mes cours.

alliances en bois mariage zéro déchet

Mon mariage zéro déchet, zéro budget

J’ai fini par dire oui, et ce n’était pas gagné d’avance. Il est vrai que j’ai mis du temps à accepter l’idée de me marier un jour. Rien que de penser au fait de devoir inviter des dizaines d’invités et d’organiser tout un tralala a longtemps suffi à me dissuader. Je me voyais déjà stresser toute la journée, à faire en sorte que tout se passe bien, à gérer le programme, et au final à passer très peu de temps avec les invités. Je ne juge pas ceux qui font le choix des grandes fiestas, mais ce format-là ne nous ressemblait pas. Et nous ne voulions pas juste faire comme tout le monde pour la seule raison qu’un mariage, c’est comme ça et pas autrement. D’où un mariage zéro déchet et sans superflu.

Une petite fête en toute simplicité

Alors nous avons choisi la simplicité. Peu d’invités, un budget ridicule limité aux démarches administratives, pas de stress. Le but était de faire de ce mariage un moment agréable entouré de nos proches. Comme nous voulions fêter cela à la maison, nous ne pouvions techniquement pas inviter tout le monde d’un coup. Pour transformer l’inconvénient en avantage, nous avons d’abord invité la famille proche (parents, frères et sœurs avec leurs enfants) le jour de la cérémonie le vendredi, et nos amis les plus proches le dimanche, soit deux fois une quinzaine d’invités. Cela nous a laissé le samedi pour souffler, nous remettre de nos émotions et préparer la fête du lendemain.

Dress code: casual

Pour avoir participé à quelques mariages, j’ai remarqué que les principaux soucis des invités étaient: « Comment m’habiller? » et « Qu’est-ce qu’on va offrir? ». Pour anticiper et éviter ces casse-tête à nos convives, nous leur avons proposé quelques règles. La première était de venir habillés comme d’habitude, c’est-à-dire en jeans baskets t-shirt s’ils le voulaient, mais pas de défilé de mode. Nous-mêmes étions habillés simplement, avec des vêtements que l’on a pu porter à d’autres occasions.

mariage zéro déchet

Pas de cadeau

Deuxièmement, nous avons demandé à ne pas recevoir de cadeau. A nos yeux, la simple présence de nos invités était déjà le plus beau des cadeaux, l’essence même de la fête. Alors plutôt que de demander un présent matériel ou une contribution financière, nous avons demandé à chaque invité de venir avec une spécialité culinaire à partager et déguster ensemble: apéro, salade, dessert, vin… Nous nous ôtions en même temps la charge de devoir préparer tout un menu pour 15, même si nous avons quand même complété le repas avec une soupe, un Eintopf et des crêpes. Et un ingrédient s’est rajouté spontanément le dimanche: un soleil magnifique qui nous a permis de manger dehors un 16 octobre et qui en a ajouté à notre bonheur.

Mariage zéro déchet

Comme le but était de faire un mariage zéro déchet, la déco s’est limité à quelques tournesols cueillis dans le jardin et de jolies feuilles d’automne. Encore une fois, le superflu et le paraître n’étaient pas invités.

Évidemment, il n’y avait ni nappe en papier, ni vaisselle en carton, ni serviette jetable. Nous avions emprunté un peu de vaisselle pour compléter la nôtre, et proposé des serviettes en tissu faites maison. Et comme il n’y avait pas de cadeau, il n’y avait pas non plus d’emballage pour remplir notre poubelle. Au total, la fête n’a généré que quelques dizaines de grammes de déchets.

Le choix d’une alliance en bois​​

Autre choix crucial lors d’un mariage zéro déchet: l’alliance. En or ou en argent, l’alliance peut représenter la stabilité, la solidité, mais c’est aussi le signe que, quelque part sur Terre, des personnes ont risqué leur vie dans des mines, qu’il a fallu polluer ciel, terre et mer pour transformer des minerais en bijoux.

Il était hors de question que notre bonheur se fasse au détriment des autres. Alors nous avons choisi une alliance en bois, plus (éco)logique. Le bois, plus fragile, est aussi le symbole que notre Amour n’est pas acquis pour toujours et que nous devrons en prendre soin pour qu’il dure.

alliances en bois

Au final, nous avons passé deux journées magnifiques, entourés par les gens qu’on aime. Même si on n’a pas pu inviter tout le monde, nous ne regrettons pas d’avoir choisi la simplicité. Il est clair pour nous deux que, si c’était à refaire, nous ne changerions rien.


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commencer avec bocaux zéro déchet

Ma vie « zéro déchet »

Si on évaluait les sociétés aux déchets qu’elles produisent, on ne pourrait pas dire que la notre soit bien évoluée… Loin de suivre un mode de vie zéro déchet, un Suisse moyen produit 730kg de déchets par an. C’est autant que les Américains.

La raison à cela? Notre attachement inconscient aux objets qu’on possède. C’est comme si on était relié à tous ces objets par des fils imaginaires qui nous retiennent, nous entravent, et nous empêchent d’avancer librement. Simplifier ce qu’on possède permet de simplifier sa vie, et par extension de gagner du temps, d’être plus efficace, d’aller à l’essentiel dans ce qu’on entreprend.

mode de vie zéro déchet

Et c’est ce que propose le mode de vie zéro déchet. S’y mettre est relativement simple quand on appliquant la règle des 5R: Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Composter (rot en anglais). Cette règle a été remise au goût du jour par Béa Johnson, une Française résidant en Californie avec sa famille et qui réussit à produire 1L de déchets par an (voir leur poubelle annuelle ci-contre)!

1. REFUSER le superflu

Le déchet le plus facile à traiter est celui que l’on n’a pas produit

  • Dire « non » aux produits à usage unique ou ayant une durée de vie de quelques minutes : bouteilles, serviettes en papier, sacs plastiques, etc. Quand on demande à Béa Johnson pourquoi elle apporte ses bocaux vides et sacs en tissu au supermarché, elle répond simplement « J’ai pas de poubelle ».
  • Refuser les objets promotionnels, stylos, gadgets en plastique, babioles gratuites
  • Apposer un autocollant « stop pub » sur la boite aux lettres, renvoyer ou se désinscrire des courriers promotionnels nominatifs (idem avec les emails)
  • Refuser les cartes de visite. Souvent, on a déjà les coordonnées de la personne.
  • Demander vos factures et relevés par email (banque, assurances, électricité, téléphone, internet, etc)
  • Pour Noël ou les anniversaires, offrez des cadeaux dématérialisés, des cadeaux d’expérience plutôt que des objets: concert, activité, sortie, massage, soin, thé en vrac… En offrant du matériel, on incite les gens à nous offrir du matériel en échange. Soyez créatifs, offrez un livret de vos recettes maison, confectionnez quelque chose.

2. RÉDUIRE ce dont on a besoin

  • Remplacer les dizaines de produits ménagers (pour les WC, les robinets, le carrelage, la cuisine, le calcaire, les vitres, etc) par du vinaigre et du savon liquide. Voir mes recettes de « Tout-en-un » et de « Canard WC ».
  • Limiter sa garde-robe à ce qu’on met le plus souvent et donner ce qu’on garde « au cas où »! Dans un mode de vie zéro déchet comme celui de Béa Johnson, tout devrait rentrer dans un bagage à main. Pratique quand on veut partir en vacances…
  • Messieurs, utilisez un rasoir de sécurité et faites sécher les lames afin de les conserver plus longtemps. En fin de vie, les recycler avec les métaux.
  • Mesdames, utilisez une coupe menstruelle et des serviettes hygiéniques lavables
  • Utiliser du savon pour tout: corps, cheveux, lessive à la main…
  • Diluer des copeaux de savon dans de l’eau chaude en guise de produit vaisselle et de savon liquide.
  • Remplacer les disques démaquillants par des carrés en tissus lavables.
  • Remplacer le dentifrice par du bicarbonate de soude.

conserves zéro déchet

3. RÉUTILISER

Au lieu d’acheter des produits jetables, achetez réutilisable:

  • brosse en bois, chiffons en tissu et grattoir en acier à la cuisine
  • bocaux en verre au lieu des sacs de congélation.
  • laver et réutiliser vos verrines au lieu de les jeter.
  • faire des furoshiki pour emballer votre lunch, ou des cadeaux
  • donner à ses invités des serviettes en tissu lavables à la place des serviettes en papier. C’est psychologique: une serviette en papier, on la jette facilement ; une serviette en tissu, on la respecte et on ose moins la salir 🙂
  • apporter des sacs réutilisables au supermarché, éviter les sacs plastiques pour les fruits et légumes, mettre son pain dans une taie d’oreiller.
  • trouver les magasins qui vendent en vrac (magasins bio par exemple): céréales, pâtes, riz, légumes secs, lessive et produit vaisselle, thé/café, etc.
  • acheter d’occasion dans les magasins de seconde main ou sur internet (leboncoin, anibis, ricardo). Demander au vendeur d’envoyer la commande sans plastique, juste du papier/carton de récup.
  • Revendez ou donnez ce que vous n’utilisez jamais sur internet, dans les brocantes, gratiferias, magasins de seconde main, sites de vente en ligne
  • acheter de la qualité qui dure plus longtemps et peut être réparé
  • repérer les marques avec une longue garantie et faites les réparer si besoin.

4. RECYCLER

Il ne s’agit pas de recycler au maximum. Si on consomme moins, on a moins à recycler. Mais pour tout ce qu’on achète, préférer le bois (brosses à dent), le verre, le carton, le métal. Attention aux plastiques recyclables, ils sont souvent transformés en produits qu’on ne peut plus recycler (chaises de jardin, jouets, objets du quotidien).

5. COMPOSTER

  • Si vous achetez des fruits et légumes bio, pas besoin de les éplucher. Les épluchures représentent environ 10% du poids des légumes, et contiennent le plus de vitamines!
  • On peut aussi composter les mouchoirs en papier, le papier ménage, les ongles et cheveux, les coton-tiges en carton, etc.

Une vie plus simple, recentrée sur l’essentiel

En suivant ce mode de vie, ma femme et moi avons appris à nous contenter de l’essentiel et de se passer du superflu qui finit par remplir des tiroirs et des greniers. Notre budget a drastiquement diminué par rapport à avant et nous ne nous privons pas pour autant.Un Suisse moyen passe plus de 2h par jour devant la télé. Quelle perte de temps et d’énergie! Nous n’avons pas de télé, mais nous prenons le temps de cuisiner, de fabriquer nos produits, de bricoler, de jardiner. C’est plus équilibrant et gratifiant.

« Acheter, c’est voter »

On a un pouvoir en tant que consommateur : on l’appelle d’ailleurs le « pouvoir d’achat ». Lorsqu’on achète un bien, on encourage la production de ce bien. A nous de décider pour quel monde on veut voter: un monde de plastique ou sans emballage? Des produits importés ou des produits locaux? Du « tout jetable » ou du réutilisable?

On a également le pouvoir de proposer des alternatives. Par exemple, Béa a proposé à sa caisse maladie de remplacer les cartes d’assuré en plastique renouvelées tous les ans, par des cartes compostables en carton. La compagnie a suivi sa proposition et grâce à elle, des millions d’assurés américains ont une carte en carton dans leur porte-feuille.

Bilan

Depuis le 1e janvier 2016, j’applique au mieux cette technique. Résultat: nous avons produit à deux environ 12kg d’ordures ménagères. C’est 97% mieux que la moyenne suisse (200kg par personne et par an). Les résultats se voient vite et je conseille d’y aller petit à petit en commençant par ce qui est le plus facile et le moins contraignant.

Finalement, on jette sans réfléchir car la société nous l’impose. Un bon début est de se demander « comment éviter ce déchet? », puis de chercher une solution alternative pour l’éviter la prochaine fois.

Update: après 3 ans de mode de vie zéro déchet, voici notre bilan.

En savoir plus sur le mode de vie zéro déchet

La conférence de Béa Johnson

Si vous n’êtes pas encore convaincu, regardez cette vidéo (20 minutes). Béa Johnson vous convaincra peut-être mieux que moi:


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